Commerces résistants : Plufur, à force de volonté

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C'est l'heure du goûter : Bérénice, Bruno et leurs enfants Evandre et Elyas s'offrent un petit moment de détente.

Un bourg qui perd son dernier commerce n’en a plus pour longtemps. Plus d’occasions de se rassembler, hormis les élections et les enterrements. Mais qu’on parvienne à le maintenir et cela suffit à retenir, voire attirer de nouveaux habitants. L’acharnement de la mairie de Plufur a plusieurs fois réussi ce tour de force.

Vendredi 16 h, on entend le piaillement des élèves rentrant du sport. Plufur, son city-stade, son église XVIIIe, ses façades de pierre, ses 550 âmes… Une âme justement, Plufur en a retrouvé une lorsque la boulangerie a rouvert en 2015. Mais que d’efforts pour en arriver là !
En 2009 déjà, pour remplacer le dernier café-alimentation, la commune décide de transformer l’ancienne école en commerce. Ça marche… un an. En affaires, la seconde marche est toujours la plus haute. En 2010, les boulangers, appréciés depuis trois ans, décampent sans prévenir, obligeant la mairie, propriétaire des lieux, à devenir dépôt de pain.
En 2013, un couple reprend le café-épicerie et fait bouger le bourg avec des concerts réussis, puis met la clé sous la porte. Pendant de longs mois on a pu mesurer la déprime d’un village sans bar, ni alimentation, ni animation…
Mais la mairie ne veut pas s’en tenir là. Elle multiplie les appels et, en juin 2015, C’est un Plufurois, Anthony Hervé, boulanger à Plérin, qui relève le défi de la gérance.
Il fait même mieux en ajoutant des rayons épicerie, frais, journaux, un vrai bar… Il se démène, vend des chrysanthèmes à la Toussaint, répond aux demandes spécifiques, fait des tournées en camion, tandis que sa mère Martine le remplace au magasin… Manque que la viande et le tabac.
« Du coup, dit Claude, un habitué, les gens viennent de Trémel, Lanvellec, Plouegat. On redevient attractif. » Quant à Anthony, il pense qu’il a deux types de clientèles : celle pour qui il est indispensable, dont les personnes âgées, et celle pour qui il n’est que dépannage. « Chacun fait comme il veut, mais beaucoup jouent le jeu. »
Jouer le jeu, c’est ce que font Bérénice et Bruno, venus ici après l’école prendre le goûter avec les enfants.
Méridionaux, ils ont trouvé ici la maison de leurs rêves. « Il y avait une école pour Evandre et Elyas et même un commerce, ça nous a convaincus. » Une dizaine de nouveaux couples ont fait de même. On appelle ça un cercle vertueux.

Anthony Hervé gère le seul commerce de Plufur. On y trouve un rayon épicerie, des journaux et aussi, important, un bar qui est devenu le lieu de rencontre de la commune.
Anthony Hervé gère le seul commerce de Plufur. On y trouve un rayon épicerie, des journaux et aussi, important, un bar qui est devenu le lieu de rencontre de la commune.