L’homme qui parlait breton à l’oreille de ses chevaux

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Pour préserver les sols martyrisés ou inaccessibles à la mécanisation, la solution d’avenir c’est le cheval. Serge Le Louarn1 est spécialiste depuis 25 ans du débardage équestre. Encore faut-il que les forestiers et donneurs d’ordre aient l’info…

« War-raok ! Chom a res ! » C’est en breton que Serge dirige Dazont (avenir) et Endro (environnement), ses deux postiers bretons croisés pur-sang anglais.
« Ils ont la solidité du breton, l’énergie du pur-sang. »
Et ils ont bien besoin des deux, les bougres, en ce marais du Quellen (Trébeurden) détrempé par l’hiver.
« Jamais vu pareille boue en dix ans, bougonne leur maître. Comment veux-tu qu’un tracteur s’en sorte dans un tel merdier ! »
Serge assure qu’en de telles conditions un cheval va trois fois plus vite qu’un engin et respecte le milieu. Les tarifs de la mécanisation forestière sont bradés mais le coût payé par l’environnement est lourd : arbres et jeunes pousses massacrés, ornières géantes qui font râler les randonneurs…
Or, on le sait peu, mais la Région subventionne à 40 % le débardage fait par le cheval breton, afin d’encourager la race. 
Ici, l’agglo et le Conservatoire du Littoral ont choisi la méthode douce : deux bûcherons, Manu et Gwen Prigent, deux chevaux et leur maître pour éclaircir le marais tout en délicatesse. C’est à peine si on se rendra compte de leur passage.
« Le cheval, résume Serge, c’est la réconciliation entre l’humain et la forêt. » CQFD.

(1) Également agriculteur à Lanrivain (02 96 45 76 31) et président de Débardage Cheval Environnement www.débardage-cheval-environnement.com