Quand arbres et agriculture pactisent

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A force d’observation, Denis Paturel a su conjuguer cultures (ici du blé de sarrasin), ruches et arbres bocagers.

« Arbre » n’implique pas forcément « forêt ». Denis Paturel, est un des premiers producteurs d’œufs à avoir expérimenté l’agroforesterie. Dans les poulaillers qu’il a transmis à son fils, châtaigniers, chênes, fruitiers jalonnent les parcours herbeux. L’ombre pour les volailles et les écosystèmes ainsi favorisés (fruits, feuilles, insectes, vers…) améliorent le menu des poules, leur qualité de vie, celle de leurs oeufs et complètent le revenu par la production de bois d’œuvre ou de chauffage. À force d’observation et de déduction, ce descendant de cultivateurs associe cultures, ruches pour la pollinisation, et arbres, favorisant la biodiversité, le rendement… sans apport chimique. « L’arbre ne doit plus être une gêne. En parsemant nos prés, nos cultures, il n’apporte que bienfaits et bien-être. »

Nos haies, ces forêts linéaires
Replanter, ça se fait aussi en ligne, ça s’appelle des haies. Ce sont elles qui donnent à la Bretagne – là où le bocage n’a pas été massacré – son apparence boisée. Depuis 1998, l’association Skol ar C’hleuziou réimplante ou remet en valeur talus et haies. Parallèlement, Lannion Trégor Communauté1 fait de l’information pour apprendre à les entretenir.
Le rôle d’une haie ? Freiner le vent, apporter une ombre salutaire, et, avec le talus qui lui sert de base, permettre une meilleure régulation des eaux en hiver, servir de refuge à la faune et la flore. Mais aussi… à rémunérer l’exploitant.
(1) Information auprès de Maël Spinec. Tél : 07 72 25 48 30

Faire du blé avec du bois
« La coupe sélective d’une haie permet, selon J.P. Le Rolland, président de Bocagenèse2, de broyer du bois pour en faire des plaquettes et copeaux, du paillage, des bûches… »
La tonne est rachetée 52 euros à l’exploitant. L’un d’eux témoigne : « Je fais 100 tonnes par an, un apport non négligeable ».
Tout le bois ainsi valorisé dans une des quatre bases (Buhulien, Beg ar C’hra, Louargat et Saint-Gilles-des-Bois) finira dans les chaudières collectives, comme celle de l’hôpital de Lannion. Une façon écologique de se chauffer, mais aussi pour l’exploitant, de rentabiliser des branchages jadis perdus.
(2) Bocagenèse coopérative de valorisation du bois. Maison du Développement, Plouaret. 02 96 38 35 24.