Une frontière mouvante

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Parlée depuis le Ve siècle, la langue bretonne a connu son apogée sous le règne de Nominoë (IXe). Ce Duc, considéré comme le père de la Patrie et à l’origine d’une Bretagne indépendante, unifie le duché alors composé de petits royaumes. Les diocèses francs de Rennes et de Nantes sont alors absorbés pais la langue romane y demeure majoritaire. De fait, le breton n’est vraiment parlé qu’à l’ouest d’une ligne Saint-Malo-Saint-Nazaire. Mais, au fil du temps, le Gallo gagne du terrain (5km par siècle), la pratique du breton reculant doucement mais sûrement derrière un tracé Saint-Brieuc-Saint-Nazaire (1500) puis jusque la frontière de 1885) Plouha-presqu’île de Rhuys. Ceci s’explique en partie par le prestige des langues d’oïl et du latin, puis du français, notamment auprès des élites des villes. Les échanges commerciaux étaient également plus aisés en français. Et beaucoup pensaient alors que la pratique du breton était un frein au progrès.