Ehpad-Ehpa Résidence Kersalic à Guingamp : Le bien-vieillir passe aussi par la table

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«Si nous sommes avant tout des cuisiniers, nous nous considérons également comme des soignants », souligne Alain Cheny (à droite avec une grande partie de son équipe), ici près du bar de la brasserie qui est un peu « la pièce centrale » de l'Éhpad. Il est à noter que bon nombre de structures semblables s'inspireraient volontiers du modèle guingampais et que les visites se multiplient à cet effet.

La résidence Kersalic de Guingamp n’est pas tout à fait un Ehpad* comme les autres : on y trouve notamment un bureau de poste, une bibliothèque, un café et… une brasserie plus vraie que nature où le chef Alain Cheny et son équipe ont le bon goût de préparer jour après jour une cuisine élaborée et de saison. Car le mieux-vivre et le bien-vieillir passent aussi par les plaisirs de la table.

Ici, les soixante douze résidents sont appelés Habitants. Avec ses rues, ses quartiers, ses maisonnées, l’Ehpad de Kersalic est une sorte de petite ville dans la ville, et son fonctionnement a quelque chose d’atypique.
À titre d’exemple, le petit-déjeuner ne se prend plus obligatoirement aux toutes premières heures de la journée. À Kersalic, on se lève, on mange et on dort quand on veut !
Il s’agit là d’une forte volonté de Corinne Antoine-Guillaume, directrice depuis 2013, très attachée « à la bienveillance et la bientraitance des personnes âgées ». Depuis son arrivée, elle s’est efforcée de changer certaines habitudes, avec la complicité du personnel.
Bien évidemment, la restauration, dont on connaît l’importance dans ces lieux, s’est retrouvée au centre de cette déconstruction. Ainsi tout -menus, horaires, services– a été repensé avec une philosophie claire : satisfaire les attentes, les envies et les besoins des Habitants. En respectant les plans alimentaires établis et sans augmentation budgétaire.
Pour ce faire, Alain Cheny, responsable du service restauration-cuisine et ses collègues Cindy, Mathieu, Magali et Alexandre, tous impliqués à 100 % dans le projet, ont une règle intangible : tout doit être fait maison avec des produits frais, locaux et de qualité, parfois bio. « Bien que nous soyons dans une restauration collective, nous avons à cœur de proposer des plats à valeur nutritive plus élevée que la moyenne, indique Alain. Notre cahier des charges est, en ce sens, très exigeant. »
Autre particularité de ce singulier Ehpad : la présence en son sein d’une brasserie, joliment nommée « Aux papilles et mamies », qui pourrait de prime abord paraître incongrue dans un tel établissement. Et pourtant, elle s’est intégrée dans la résidence avec une certaine évidence. « Nous avons une capacité de trente-cinq couverts et proposons cinq entrées, cinq plats et cinq desserts à la carte. Celle-ci est renouvelée tous les mois et demi et le service se fait à l’assiette, poursuit Alain Cheny. Ce qui nous différencie vraiment d’un restaurant classique, à qui nous ne voulons absolument pas faire de concurrence, est que nous pouvons nous adapter facilement au régime de chacun. » Cette brasserie est ouverte aux Habitants qui peuvent y inviter leur famille et leur entourage (sur rendez-vous uniquement avec un prix du repas fixé à 16,50 euros) pour un pur moment de détente. On le voit, la qualité et les plaisirs de la table participent pour beaucoup au mieux-vivre et au bien-vieillir. D’ailleurs, les prescriptions d’antidépresseurs et d’anxiolytiques ont considérablement diminué ces dernières années à Kersalic. Ce qui n’est sûrement pas le fruit du hasard.

  • Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.