L’écolieu Kêr de Lien à Pabu : « Il est possible de faire autrement »

0
110
Camille (deuxième à gauche) propose des massages et Louis (à droite), le maraîcher, des paniers de légumes et de fruits cultivés sur sol vivant. Il fournit, entre autres, le camping de Milin Kerhe à Pabu et ses clients se trouvent en général dans un rayon de cinq kilomètres « Ça a du sens », dit-il. (Photo DR)

Avec ses habitats légers, sa maison commune, son vaste local dédié à la formation et ses deux surfaces de cultures maraîchères, Kêr de Lien est un éco-lieu où, jour après jour, Émilie, Camille, Louis et François expérimentent un mode de vie alternatif, coopératif et respectueux du vivant. Pour eux, c’est une évidence, « on peut vivre autrement et faire différemment. » C’est même une nécessité.

Au loin, on entend les joueurs de football professionnels d’En Avant de Guingamp qui s’entraînent avec le plus grand sérieux au Pro Park et, plus près de nous, la douce mélodie du Trieux qui chemine avec aisance au creux de la vallée, quelques dizaines de mètres plus bas. C’est ici, à Kerhuel (en Pabu), qu’Émilie et ses amis ont décidé d’installer leurs rêves. Sur ces neuf hectares de forêt et de bonnes terres. Émilie et Louis ont été les premiers, les ont ensuite rejoints Camille, rencontrée lors d’un woofing, et François qui, après un périple en Amérique du Sud, désirait vivre en écovillage.
« Nous souhaitions quitter nos vies classiques et créer un endroit où il serait possible de se poser des questions sur notre monde », commence Émilie.
Afin de mettre en harmonie paroles et actes, tous ont donc fait le choix d’une vie en collectivité et en quasi autonomie.
Ils se sont installés dans deux des quatre tiny houses qui ont trouvé place sur leur terrain et le conséquent potager vivrier permet de nourrir le groupe. Mais ne croyez pas qu’autarcie soit synonyme de repli sur soi-même. Au contraire. Ainsi, Kêr de Lien, qui est une association loi 1901 à la direction collégiale, accueille régulièrement des woofeurs et des chantier participatifs (taille d’arbres, maraîchage, isolation en paille), loue ses maisons réversibles pour des séjours bien-être ou de ressourcement personnel et organise des journées thématiques autour des outils low-tech, de la réappropriation des corps féminins… « Ça nous permet de diffuser des informations sur ces sujets, de les démythifier, abonde François. Nous, nous souhaitons prendre soin de l’humain et de l’endroit où l’on vit. Aussi, nous voulons participer à la régénération du vivant en nous réappropriant des savoir-faire. »
Ce mode de vie coopératif et écologique permet également de belles approches sociales.
« Nous creusons de nouveaux sillons, nous testons, mais n’avons pas encore toutes les réponses, observe Émilie. Et nous ne prétendons pas détenir la vérité. Nous sommes en constante recherche d’équilibre, de posture agile, dans notre fonctionnement. »
Cette façon de vivre, si elle n’est pas encore inscrite dans nos mœurs, prouve néanmoins « qu’il est vraiment possible de faire autrement. »

Kêr de Lien (ex La Source des Korriganes)
2 Kerhuel à Pabu
lejardinduvivant.22@gmail.com
07 69 10 55 43 ou 06 52 73 29 75