Le château de Tonquédec : Voyage dans les couloirs du temps

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. Ouvert d'avril à fin septembre, les week-ends des 3 et 4 octobre et des 10 et 11 octobre et lors des vacances de la Toussaint et de Noël avec de nombreuses animations (reconstitutions médiévales, journées du patrimoine, expositions, ateliers de dessin, danse, buvette, crêpes...). Des visites guidées par groupe sont possibles toute l'année sur réservation. Entrée : 8 euros (adulte), 5 euros (de 5 à 12 ans et CMI) et 7 euros par personne pour les groupes de plus de 12. . Jamais le château de Tonquédec n'a été pris. Si l'on excepte l'occupation du chef de bande Guy Eder de la Fontanelle qui y installa en 1590 une garnison de fidèles lors de la guerre des Ligues. Celui-ci transforma alors Tonquédec en place forte privée et s'adonna autant à la guerre qu'aux pillages. Son passage n'a pas laissé que de bons souvenirs.

Situé au sommet d’un promontoire dominant la vallée du Léguer, le château de Tonquédec constitue avec ses onze tours de défense, ses murailles massives et ses deux donjons un précieux témoignage de l’architecture militaire médiévale bretonne. Il est ouvert à la visite d’avril à fin septembre.

Franchir les lourdes portes du château de Tonquédec est l’assurance de réaliser un merveilleux voyage dans les couloirs du temps. Cette place forte raconte en effet le Moyen Âge en Trégor et bien plus encore. Le visiteur d’un jour peut ainsi se projeter aisément dans une époque où le chevalier pouvait tout aussi bien guerroyer, festoyer que séduire une gente dame.
De prime abord, ce sont les proportions de cet édifice qui impressionnent. « Il était possible d’y loger près de cent cinquante personnes, explique Victoire de Rougé, descendante directe des premiers bâtisseurs, qui a succédé en 2022 à son père Bertrand de Rougé à la tête de ce monument familial. On pourrait penser que le château, lieu d’habitation et de garnison, était rustique. Mais pas du tout. Au contraire, il était confortable, avec des espaces chauffés par des cheminées, des salles de réception et de banquets, des fenêtres à coussièges, un proche accès à l’eau et une cinquantaine de latrines aménagées en encorbellement. En taille, il s’agissait de la deuxième forteresse bretonne après celle de Fougères. »
Ce château était un symbole fort de la puissance, de l’autorité et du pouvoir de la famille Coëtmen, importante lignée bretonne figurant parmi les neuf plus grandes baronnies du duché.
Résidence du seigneur et lieu de justice, cette forteresse avait pour fonction essentielle de surveiller la vallée du Léguer. Aujourd’hui encore, elle demeure un symbole architectural très lisible d’une place forte militaire entre les XIIè et XVè siècles. Et c’est cette foisonnante histoire que Victoire de Rougé transmet lors des visites qui réunissent chaque année plus de 20 000 visiteurs. Avec le précieux concours de Sabine.
« C’est grâce à cette belle fréquentation que ce site à la valeur inestimable peut continuer à vivre. »

Quelques dates clés :
XIIè, début de la construction par Prigent, vicomte de Tonquédec, du premier château par la famille de Coëtmen-Penthièvre sur ce qui était une motte castrale.
1395, le château primitif est démantelé sur ordre du duc Jean IV de Bretagne après un conflit avec les Coëtmen, qui, à l’instar de nombreuses familles nobles bretonnes, défendaient leur autonomie et leurs influences face à un duc qui cherchait encore à consolider son pouvoir.
1406, reconstruction du château par Rolland IV de Coëtmen avec le soutien de Jean sans peur, duc de Bourgogne.
1577, le château est transformé sous la famille Goyon de La Moussaye, en place forte adaptée à l’artillerie.
1589-1598, le château sert de refuge pour les protestants lors de la guerre de Religion.
1626, démantèlement partiel sur ordre de Richelieu, car estimé dangereux par le pouvoir royal.
1636, les ruines sont achetées par René du Quengo de Tonquédec.
1801, le château est vendu.
1862, le château est classé au titre des Monuments historiques.
1880, le marquis de Kéroüartz en devient le propriétaire et le transmet à la famille de Rougé, descendant direct des premiers bâtisseurs, lors des fiançailles de sa fille Eugénie avec le comte Pierre de Rougé. Des travaux de rénovation sont alors entrepris.