Galerie d’art Zina-O à Pontrieux : La symbolique de la trace

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Zina-O accueille de façon permanente la talentueuse peintre Véronique Louboutin et l'ébéniste d'art et designer contemporain Raphaël Loubaton (atelier Rulinen) dans son showroom pontrivien. * Zina-o exposera dans quelques semaines à Paris avec la peintre Véronique Louboutin et à Châtelaudren en juin prochain.

La démarche créative de Zina-O oscille entre intellect, spiritualité et quête esthétique afin de rendre grâce à l’universel du sacré, affranchi de toute religion. Ses œuvres, respiration du geste, matérialisent et symbolisent la force de la vie et… sa fragilité.

Installée dans son atelier, prolongement naturel de sa galerie, une tasse de café et quelques biscuits à portée de main, Zina-O pose d’emblée le cadre : « Il faut donner du sens aux choses, donner une direction à sa vie. » La métaphysique, la philosophie et le spirituel sont des thèmes qui la questionnent profondément. Et qui, indéniablement, irriguent son œuvre. « Quels liens peuvent être tissés et révélés entre le visible et l’invisible ? Comment donner du souffle à une sculpture immobile ? » Telles sont les interrogations récurrentes de l’artiste.
Matérialiser le sacré est sa quête. Et sa « rencontre avec la matière terre », il y a maintenant plus de trente ans, quelque part en Guyane, lui a ouvert un extraordinaire champ des possibles. « Travailler la terre est pour moi une façon de rendre hommage à la planète. Mes personnages s’inscrivent dans la fragilité des argiles puis dans la pérennité des bronzes qui entrent, quant à eux, dans l’éternité du temps. Alors que moi, je ne suis que de passage. »
Le travail subtil et délicat de Zina-O est profondément imprégné d’influences asiatiques, et tout particulièrement japonaises. Le temps, le mouvement, la forme et l’ossature du théâtre Nô, pour ne citer qu’un exemple, l’ont toujours fascinée. « Je suis sensible à leur esthétique et à cette respiration du geste. Le Japon nourrit ma recherche d’harmonie et balise un chemin de transcendance qui glisse vers la symbolique de la trace au travers, notamment, de la calligraphie en lettres hébraïques. »
La particularité de la sculptrice réside dans sa technique dite « à la plaque » qui consiste, en gros, à créer des plaques d’argile en étalant de la terre avec un rouleau ou une croûteuse. Celles-ci étant ensuite assemblées, déformées ou découpées selon les projets.
« Je réalise deux à trois collections par an, ce qui représente de trente à cinquante pièces », précise l’artiste protéiforme qui a également quatre livres et une pièce de théâtre à son actif. Elle présentera d’ailleurs cette dernière à la médiathèque de Châtelaudren courant juin. Dans un souci de partage, valeur essentielle pour la Pontrivienne. « Les sculptures dialogueront entre elles et avec le public. »

Galerie Zina-O
39 rue de la Presqu’île à Pontrieux
06 84 18 57 60
Ouvert de juin à fin septembre tous les jours de 14h 30 à 19h 00 sauf les mardis et dimanches. Et, d’octobre à fin mai, les jeudis, vendredis et samedis (de 15h 00 à 18h 00). Il est possible de prendre rendez-vous.