Bruno Brucero : « Je ne suis pas illustrateur de BD »

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Bruno Brucero, dans son atelier de Plémy. Chaque dessin représente des jours de travail.

Au départ il voulait être peintre. Pas facile d’en vivre. C’est le livre Les Fées (Brian Froud & Alan Lee) qui lui a montré sa voie, entre peinture et BD. Entre monde celtique et cycle arthurien, un univers original émerge. Entrevue.

Pour un dessinateur de féérie, il y a des codes indépassables ?
Oui, les nains doivent être petits, les fées graciles… J’aime en donner aux gens « pour leur argent ». Mais plus ça va, plus je m’en dégage. La « notoriété » me donne une plus grande liberté.
L’univers celtique, arthurien, ce n’est pas nouveau ?
C’était une façon de viser large. L’imaginaire arthurien me donnait accès à un univers connu du public : la forêt, la magie, les chevaliers… Or, en illustration, ça a été peu traité. On restait entre Gustave Doré (magnifique) et Walt Disney.
Entre vous l’illustrateur et l’auteur, qui commande ?
Je suis plus qu’un illustrateur. C’est moi qui porte les projets, même s’il y a des interactions. Souvent le dessin précède le texte… Je fais des dessins ex nihilo qui m’inspirent des histoires. Pierre Dubois* sera d’ailleurs l’auteur du prochain album.
Vos élémentaux**, comment naissent-ils ?
Je dessine de façon abstraite et spontanée. De là naissent des images. Tenez regardez les prochains, (Il montre l’esquisse d’adorables « crapoussins » ). On n’a encore rien vu de tel, non ? Plus je suis reconnu plus je me dirige vers des univers personnels. Ça explique aussi la profusion de mes planches. J’ajoute des tas de détails qui donnent envie de voyager dans une image fixe. C’est l’œil qui bouge et non le dessin.
Vous considérez-vous comme un auteur de BD ?
Je suis chez un éditeur BD mais je ne suis pas auteur de BD. Chez moi pas de bulles, ni de cases. C’est une succession de tableaux qui racontent une histoire, qui évoquent un univers.
Y a-t-il justement un risque à sublimer l’univers celtique et en faire un monde déconnecté de la réalité ?
Il faut sauver les mythes, nourrir la différence bretonne. Sinon tout va se standardiser. La Bretagne est davantage que ce qu’on en voit. Quand on aime une femme par exemple, on ne la voit pas comme une simple addition d’organes. C’est l’esprit, la sublimation qui déclenchent l’amour.

Publications : Le livre secret de Merlin (2007), A la recherche de la Mandragore (2010), Druiz, la prophétie perdue (2014).
Plus d’info sur www.brucero.fr
*Pierre Dubois : grand spécialiste du monde féérique.
**Elémentaux : esprits de la nature ; fées, lutins, gnomes…

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