
Benjamin Lefloch, c’est tout d’abord un look – béret basque éternellement vissé sur la tête, gilet sombre sur chemise de bûcheron, tablier de travail et une très belle moustache en guidon – mais aussi et surtout un savoir-faire. À 31 ans, le jeune homme est en effet le seul artisan-tonnelier de Bretagne.
2 000 coups de marteau, c’est ce qu’il faut au minimum pour faire un fût. « Ce sont des gestes répétitifs et difficiles, souligne Benjamin Lefloch. Tonnelier est un métier pour lequel il faut être solide physiquement, d’autant plus qu’un tonneau peut facilement peser plus de 70 kg et qu’il faut le manipuler à de nombreuses reprises. »
Pour ce travail, il faut bien sûr aimer le bois, connaître les alcools et, important, posséder une sensibilité particulière aux arômes. Car le tonnelier joue un rôle important dans l’élaboration de ceux-ci. Tutoyer l’excellence réclame de fréquents échanges entre l’artisan et ses clients (producteurs de vin, de spiritueux ou de cidre).
« Pour ma part, je goûte les produits et je vois ce qui peut être amélioré. »
S’il reconnaît volontiers que l’industrie fabrique des tonneaux de qualité, il ose tout de même une métaphore culinaire : « On peut comparer le travail des industriels à un bon restaurant, celui des artisans à un gastro. »
À ses débuts, Benjamin a pu bénéficier des conseils de son père, Jean-Baptiste, avant d’effectuer son apprentissage dans le Gers. Ensuite, ses pas l’ont guidé en Champagne puis dans la Bourgogne viticole, chez François Frères, référence mondiale de la tonnellerie. « J’avais un bel emploi là-bas, chef d’atelier. » Et c’est à Brive-la-Gaillarde que David Roussier, le directeur général de la distillerie lannionnaise Warenghem, est venu le débaucher. Au début, notre homme s’est montré quelque peu hésitant puis il s’est laissé séduire par la proposition. « Il m’a eu aux sentiments. Mon père cessait alors son activité de tonnelier à Douarnenez et Dominique tenait absolument à ce que son whisky continue à vieillir dans des tonneaux Lefloch. »
Et voilà comment Lannion a accueilli en avril 2023 celui qui est le dernier artisan-tonnelier breton. Celui-ci s’est installé dans l’ancien abattoir de la ville, rénové par Warenghem, un local d’à peu près 1 000 m2. Un premier fût en sortait dès le mois suivant. « J’en fabrique une dizaine en six jours et demi. J’espère arriver à une cadence de 300* par an. »
Avec un seul leitmotiv : la qualité. Car les fûts de Benjamin Lefloch sont garantis à vie !


Tonnellerie du Trégor – Tonnellerie Lefloch
17 rue de Louardoul à Lannion
06 64 72 20 06



