L’Échoppe Elfique et le Songe de l’araignée à Gurunhuel : De fil en aiguille, ils tissent leur toile

0
1621
Pour Coraline et Jean-Marc, la grosse saison se situe plutôt l’été avec les marchés de la Côte de granit rose et les fêtes médiévales. Mais Noël n’est pas à négliger. Par ailleurs, Jean-Marc peut fabriquer, sur commande, des n’goni (harpes africaines à cordes pincées).

La maison-atelier de Coraline Herasse et de Jean-Marc Collin est blottie, bien à l’abri, sur les douces et verdoyantes pentes de la campagne gurunhuelloise. La première travaille le cuir et produit, notamment, des sacs et des ceintures colorées ainsi que des marque-pages, porte-monnaies et barrettes tandis que le second réalise des bijoux en macramé et de la maroquinerie cousue main.

C’est une certitude, le travail de Coraline Herasse est empreint du monde onirique des elfes, hiboux et dragons. Sûrement un héritage de la fantaisie maternelle. Par contre, sa technique de façonnage du cuir, elle la doit en grande partie à son père, artisan reconnu dans ce domaine. Ainsi, ses créations peuvent « prendre des allures de sous-bois ou, alors, sembler tout à fait acidulées. » On le voit, il ne s’agit pas d’une production ordinaire. « Chaque pièce est réalisée en petite série. »
Coraline coud et façonne donc des « sacs en forme de feuille » à la lumière de sa fenêtre et, bien souvent, y grave « des hiboux chapeautés ou, encore, des dragons crachant le feu. » Il y a aussi des articles plus sobres avec des couleurs pastel du meilleur effet. Celle qui a tour à tour étudié la biologie des populations et des écosystèmes, enseigné, été animatrice et conteuse dans le monde du spectacle a, il y a une petite dizaine d’années, décidé de se consacrer totalement à la maroquinerie.
« Je souhaitais être indépendante et disposer d’une certaine liberté. »
Elle a alors abordé son « nouveau » métier avec une certaine éthique.
« Mon cuir pleine fleur, et non en croûte de cuir, vient essentiellement de Norvège, d’Italie ou d’Espagne. Le tannage est végétal et les teintures à base d’eau. De plus, il faut savoir que tout est fait à la main, avec ma machine à coudre. » Et malgré la qualité de l’ensemble, les prix restent tout à fait raisonnables : de 4 à 90 euros.
Si Coraline Herasse doit dans un futur proche devenir Conseillère en insertion professionnelle, elle ne cessera pas pour autant son activité de maroquinière. Qu’on se le dise.
Le parcours de son compagnon, Jean-Marc Collin, est lui aussi d’une incroyable richesse : il a en effet été successivement cordonnier, musicien, luthier, coordinateur de festivals et de projets humanitaires auprès des enfants des rues. Et ce, en Irlande son « autre pays de cœur » et sur le continent africain.
« L’Afrique est certainement celle qui m’aura enseigné le plus sur ce que peut être le travail manuel au sens propre. »
Mais c’est en Irlande, au bord d’un trottoir, qu’il s’est initié à l’art du macramé auprès d’un Bolivien qui l’avait littéralement bluffé par la beauté de ses œuvres et son infinie patience.
« Je n’ai jamais revu cet homme mais je ne l’oublierai jamais. À ce moment-là, j’étais loin d’imaginer vivre du macramé et de passer des journées entières sur tant de détails minutieux, à pratiquer autant de gestes répétitifs. »
Et pourtant. Et pourtant, il crée jour après jour d’admirables bijoux (colliers, etc…) en macramé, sublimés par des pierres semi-précieuses choisies avec grand soin dans les Vosges, et de la maroquinerie de haute volée cousue main. « Je n’aime pas la machine », confie-t-il en toute simplicité.

On pourra retrouver Coraline et Jean-Marc lors des marchés de fin d’année de La Clarté à Perros-Guirec (6, 7 et 8 déc) et de Bourbriac (15 déc). Leurs créations seront aussi disponibles dans des boutiques de Paimpol, Lannion, Pontrieux et Tréguier et sur internet.

L’Échoppe Elfique et le Songe de l’araignée
Kergaër à Gurunhuel
www.echoppe-macrame-cuir.com
he.coraline@gmail.com