La Fresque du Climat : Comment ça marche ?

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* Ingénieur, conférencier et ancien directeur du Think tank The Shift Project, Cédric Ringenbach a eu l’idée de la Fresque du Climat en 2015 alors qu’il donnait un cours ayant pour thème les travaux du GIEC à ses étudiants de l’École de Mines. Ceux-ci étant, semble-t-il, peut réceptifs, il a pensé à faire passer son message, écologique en l’occurrence, à l’aide d’un jeu de cartes**. Et ça a marché ! Après trois ans de travail, d’expériences et de mises au point, une association est née en 2018 avec pour mission de diffuser cette Fresque. Une communauté d’animatrices et animateurs, des Fresqueuses et des Fresqueurs, se forme alors. Certains bénévoles, d’autres professionnels. Les ateliers sont à destination de tous: entreprises, collectivités, écoles (il en existe une pour les plus jeunes) et particuliers. « Il faut juste une grande table et une salle. » Le coût de cette prestation se situe entre 1000 et 1500 euros si vous faites appel à des animateurs professionnels , ceux-ci reversant 10% à l’association et 20% si c’est celle-ci qui apporte l’affaire. Et, IMPORTANT, c’est totalement gratuit si vous faites appel à un animateur bénévole.

Imaginée par Cédric Ringenbach*, la Fresque du Climat est avant tout un outil ludique et pédagogique qui a pour but premier d’aborder les complexités des enjeux climatiques du moment et, bien évidemment, de susciter du débat. À ce jour, près de 2 millions de personnes ont été sensibilisées à travers le monde, dont 1,5 millions en France.

Trois heures, cela peut paraître long. C’est, grosso-modo, la durée d’un atelier. « Le climat vaut bien qu’on lui consacre ce temps », tempère Gaëlle Lescombat, qui a longtemps été référente et animatrice de la Fresque en Côtes d’Armor. Et, de fait, croyez-en notre expérience, on ne s’ennuie pas un seul instant, tant le sujet peut s’avérer passionnant.
« Une Fresque du Climat se déroule en trois phases, poursuit-elle. Tout d’abord, les participants, de huit à douze personnes, créent de manière collaborative une fresque sur une grande table à l’aide de 42 cartes**, selon des liens de cause à effet symbolisés par celles-ci. Avant de lui trouver un titre lors d’un temps d’échanges et d’analyses. Il s’agit alors de faire preuve de créativité et de laisser parler son imagination. Puis, pour finir, place au débrief. » Sont alors abordés le ressenti et les émotions de chacun, puis les actions qu’il conviendrait de mettre en œuvre, individuellement et collectivement, pour lutter efficacement contre ce phénomène ô combien sensible et ô combien délicat.
« Les questions qui viennent naturellement sont : qu’est-ce que je fais déjà ? Qu’est-ce que j’ai envie de faire ? Et qu’est-ce qu’il est possible que je fasse ? » Les réponses, bien entendu, diffèrent et nourrissent l’indispensable débat de fin de séance. En tout cas, ces ateliers sont loin d’être inutiles. Ils permettent d’emmagasiner une foule d’informations qui permettent, ensuite, de diffuser la bonne parole avec des arguments solidement étayés. Afin de « déclencher au plus tôt les bascules nécessaires à la préservation du vivant. »

** Celles-ci traitent des différents problèmes liés au réchauffement climatique tels que les émissions de gaz à effet de serre, les catastrophe naturelles, la fonte des glaciers, la hausse des températures… et sont « issues » des réflexions et rapports du GIEC (Groupe d’ex

Mais aussi…
Après un départ fulgurant, avec des clients tels que EDF, Michelin, Renault, L’Oréal, Bouygues, Orange, la Fresque du Climat, aujourd’hui présidée par Anaïs Terrien, connaît depuis quelques mois « un coup de moins bien » et a annoncé en ce début d’année 2025 le licenciement de 20% de ses effectifs (plus de dix salariés sont concernés). La faute à une baisse de demande de ses ateliers mais, aussi, à une négociation jugée complexe avec son ex-président, il l’a été cinq ans, Cédric Ringenbach.
Celui-ci réclame des droits de licence pour le moins conséquents : 200 000 euros pour 2025, 300 000 pour 2026 et 400 000 pour 2027, à transférer à un fonds de dotation dont il est… le créateur et le président (sources : Elisabeth Crépin-Leblond de Carenew et Le Monde). Près de 230 000 euros lui auraient été versés, à titre personnel, courant 2024. Ce qui représente tout de même une jolie somme !

Site : lafresqueduclimat.org
Renseignements : 22@fresqueduclimat.org