
Portés par l’envie d’apprendre, une quinzaine d’élèves se retrouvent tous les quinze jours autour de Johanna de Rangot* au Petit Écho de la Mode à Châtelaudren pour s’initier à la broderie traditionnelle. Ambiance.

Cet après-midi-là, une légère pluie tombait sur l’étang voisin tandis qu’un bel arc-en-ciel se hissait au-dessus des toits en ardoise de la Petite Cité de Caractère. Une ambiance aux allures d’automne, un peu fraîche, presque mélancolique. Rien à voir, pourtant, avec la chaleur qui régnait dans la salle de formation musicale du Petit Écho de la Mode, où, comme tous les quinze jours, Johanna de Rangot animait son cours de broderie dans une gaieté entraînante. Elles étaient une petite quinzaine, et oui, il n’y avait pas d’hommes, à s’affairer sur leurs ouvrages. Les motivations de chacune varient bien sûr. Beaucoup viennent pour le plaisir d’être ensemble, pour prendre du temps pour soi, d’autres pour Johanna et, toutes, pour apprendre.
Le premier trimestre les a vu aborder la broderie Glazig avec fil de soie, un incontournable, et le point d’ombre. L’ameublement et les jours de Cilaos viendront plus tard dans l’année. « Nous sommes ici dans la transmission d’un savoir-faire traditionnel. Et moi, je suis là pour apporter ce petit plus qui fait toute la différence et pour accompagner les élèves dans la création d’une pièce unique », explique avec justesse Johanna, enseignante, brodeuse et couturière à l’École de Broderie d’Art de Quimper fondée par Pascal Jaouen, aujourd’hui dirigée par Yann Lagoutte. Cette école a pour particularité de revisiter la broderie traditionnelle et de la transposer sur des motifs contemporains.
Ici, que l’on soit débutante ou confirmée, il s’agit surtout d’avoir de l’envie, de la patience, de la ténacité, de la rigueur, de l’imagination et un bon sens artistique. « Et il ne faut pas avoir peur de se triturer les neurones, s’amuse une participante. Ni de défaire, ni de refaire autant que nécessaire. »






