« Nos aîné.e.s, Femmes de la terre » de Julie Grossetête : Portraits de vie et mémoire paysanne

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« Ce projet nous tenait à cœur. Julie et moi aimons travailler ensemble, explique Patricia Le Calvez, de L’Image qui Parle. Nous sommes sur la même longueur d’onde. » Julie Grossetête a élaboré sa narration à partir d’un scénario préalablement écrit. Elle a tourné avec deux caméras, tandis que Patricia assurait la prise de son. Le tournage, à proprement parler, s’est étalé sur une bonne semaine. Puis est venue l’étape du montage, particulièrement chronophage, à raison d’environ une semaine par portrait. Le film (environ 80 minutes) a ensuite été présenté aux protagonistes, avant les phases d’étalonnage et de mixage. (Photos DR)

Trois ans après le beau succès de Nos Aîné.e.s, la réalisatrice Julie Grossetête s’est rendue en Centre-Bretagne avec Patricia Le Calvez de L’Image qui Parle pour y rencontrer trois femmes et un couple, tous retraités de l’agriculture. De ces échanges sont nés quatre portraits filmés d’une grande sensibilité, qui témoignent avec finesse de l’évolution du monde paysan breton.

Après avoir donné la parole à des habitants âgés de la région paimpolaise et du littoral à travers une série de portraits de vie (Nos Aîné.e.s, ndlr), les deux femmes ont cette fois choisi de tourner leur regard, caméra et micro, vers le Centre-Bretagne.
« Avec ce travail, notre idée est à la fois de faire connaître un pan de l’histoire rurale et paysanne bretonne, mais aussi de créer un pont entre différents visages de l’agriculture, à travers le lien fort qui relie toutes les personnes filmées à la terre. Nous voulons aussi changer le regard sur nos aînés. »
Dans ce type de projet, le plus délicat reste sans doute de rencontrer les bonnes personnes et, surtout, de gagner leur confiance.
« Il faut prendre le temps, échanger avec elles, les mettre à l’aise et tisser un véritable lien », explique Julie.
Au vu du résultat, le choix des intervenants, à la fois riche et varié, s’avère particulièrement judicieux. Anne Hamon, Louisette Le Clavez, Marithé Vidament, ainsi que Michelle et Robert Guégan ont tant à partager. « Nous avons passé deux jours avec chacune et chacun, ce qui leur a permis de se livrer pleinement », explique Julie. Il en ressort des témoignages émouvants, d’une grande justesse.
Anne Hamon revient ainsi sur l’histoire rurale bretonne, des conditions de travail aux traditions encore vivaces, tandis que Louisette Le Clavez raconte le chemin qui l’a conduite vers les plantes médicinales. Marithé Vidament, épouse du peintre Fanch, disparu en 1982, évoque quant à elle une quête d’idéal, faite de beauté mais aussi d’épreuves. Michelle et Robert, de leur côté, n’éludent pas les difficultés rencontrées dans l’exercice de leur métier. « Mais aujourd’hui, ils sont très fiers de voir leur fille diriger une exploitation à la pointe du progrès. »
Ce film, empreint de délicatesse, sera diffusé sur Tébéo, TébéSud, TVR, ainsi que sur la plateforme KUB. Il accompagnera également la caravane itinérante La Récolte de L’Image qui Parle, qui parcourra le Centre-Bretagne ces prochaines semaines.

Nos aîné.e.s, Femmes de la terre
Réalisation : Julie Grossetête, son : Patricia Le Clavez, production : l’Image qui Parle, musique : KritO et affiche : Lucie Boucher