Les frères Guichen : De la folie d’Ar Re Yaouank à la plénitude du duo

0
1921

On appelle ça une « coïncidence significative » : le jour même où Jean-Charles Guichen retrouve dans ses cartons un article célébrant les 10 ans d’Ar Re Yaouank, Denez Prigent l’appelle pour lui envoyer… le même article. 22 ans après, jour pour jour. L’occasion de tirer avec lui un premier bilan.

C’est vrai que, pour les festoù-noz, il y aura eu un avant et un après «Yaouank».
Ça avait pourtant commencé tranquille, du côté de Duault: papa Guichen entraîne ses fils, Fred à l’accordéon et JC à la guitare, les fait tourner entre Quintin et Poullaouen, dans les bars, les fermes.
« Moi, mes racines c’était Sex Pistols, Led Zep. C’est peu à peu que la musique bretonne s’est imposée à moi. Blues, rock et musique celtique ont d’ailleurs beaucoup en commun. »
Dans les années 80, le fest-noz est au creux de la vague mais des groupes émergent, Skolvan, Penou Skoulm, Gwerz… Les deux frères, ça leur chatouille les idées. Contre l’avis parental, ils quittent l’école, squattent chez les potes, puis rachètent une ruine à Saint-Nicodème, composent deux ans durant en continuant à courir le cachet. En 1985, ils débauchent David Pasquet et Gaël Nicol (bombardes/biniou), sortent leur 1er album : Sidwel.
L’arrivée de Stéphane de Vito à la basse, les riffs rageurs de JC, la puissance complémentaire des instruments traditionnels vont bientôt drainer des foules énormes qui les suivront partout, électrisés par un son qui puise autant aux origines qu’à la modernité. Ça frise souvent la folie bienheureuse. « A tel point que les discothèques, concurrencées, finissaient par organiser des festoù-noz »…
En 1998, au fait de sa gloire, Ar Re Yaouank (les jeunes, « un nom un peu con, qui a pris son originalité à mesure ») meurt de dissensions internes. Fred et JC reprennent chacun en solo, puis repartent en duo, trio… sextet.
A géométrie variable, mais souvent en duo, ils sillonnent le monde, et font rayonner leur musique plus loin encore que ne le faisaient Ar Re Yaouank.
« C’était super, les «Yaouank» et on donne encore des concerts ensemble, mais on préfère notre vie actuelle, à composer, peindre, donner petits ou méga concerts, au bar du coin ou au bout du monde… »
Les racines bien ancrées en Trégor et les branches large ouvertes sur le monde, les Guichen alternent entre concerts, collaborations et enregistrement d’un nouvel album pour JC : Breizh an Ankou. Plijadur a vo !

Ar-3Ar-2

Les Ar Re Yaouank se sont imposés dans les fest-noz des années 80 et 90 avec d’autres groupes comme Penou Skoulm, Skolvan ou Gwerz. (Photos Eric Legret et DR)
Les Ar Re Yaouank se sont imposés dans les fest-noz des années 80 et 90 avec d’autres groupes comme Penou Skoulm, Skolvan ou Gwerz. (Photos Eric Legret et DR)