La Ville Andon au service de l’art

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Marie-Claire et Hervé Caillebot ont fait de leur ferme-auberge un rendez-vous incontournable pour les amateurs d’art. Les vernissages, très décontractés, sont l’occasion d’apprécier les très inspirés discours de présentation de l’artiste Rodolphe Le Corre.

C’est sûr, pas besoin d’une analyse poussée : l’art et le spectacle vivant sont bel et bien dans l’ADN de la ferme-auberge de la Ville-Andon. Longue est la liste de ces artistes qui, saison après saison, ont exposé leurs œuvres ou joué leurs spectacles dans cet endroit particulièrement chaleureux, faisant de ce lieu hors du temps un carrefour culturel essentiel. Cet été, Marie-Claire et Hervé Caillebot accueillent un très beau travail de création autour de tissus échoués réalisé par l’artiste Cécile Borne.

Chaque été, et parfois même au printemps, la ferme-auberge de la Ville-Andon se métamorphose en une étonnante et très intéressante galerie artistique.
C’est maintenant devenu une habitude : Marie-Claire et Hervé Caillebot ouvrent chaque saison grande leurs portes à un ou une artiste. Et cela fait 27 ans que ça dure.
En 1990, Philippe Châtelain de Tréguier a en effet été le tout premier à accrocher ses peintures sur soie aux épais murs du manoir du XVème siècle suivi en 1991 des «peintres de la galerie Ombre et lumière » sur une proposition de Pierre Corbel, frère de Marie-Claire, et du galeriste rennais Michel Segalen.
C’était à l’étage, au « grenier ». L’endroit, avec sa magnifique charpente, est parfait et le concept reçoit globalement un bon accueil.
Aussi de nombreux artistes, peintres, sculpteurs, graveurs, photographes, mis en valeur par les subtiles lumières de Benoît Quéro, s’y succéderont et feront de la ferme-auberge un passage obligé pour tous les amateurs d’art contemporain.
Bientôt, les œuvres investissent toutes les salles de l’auberge (le premier à le faire sera Jean-Claude Charbonnel en 2000) et, parfois même, les jardins extérieurs. « Nous sommes restés dans cette configuration , souligne Marie-Claire. C’est rigolo, les gens en parlent souvent à table. Qu’ils aiment ou pas d’ailleurs. »
Ayant un véritable attrait pour la chose artistique, le couple souhaite donner avec ces expos « une image actuelle de la Ville-Andon où nous restons quand même classiques au niveau de la cuisine.»
Les expositions et les spectacles sont aussi le prétextes à d’enrichissantes rencontres.
« C’est toujours un vrai plaisir d’échanger avec les artistes et avec les personnes qui viennent découvrir leurs oeuvres », confirme Marie-Claire.
Et si la culture est une chose bien précieuse, la nourriture en est une autre. Et à goûter les spécialités de la maison, le poulet au cidre et la fameuse andouille-purée jamais décevante, on se dit qu’il y a également beaucoup de talent derrière… les fourneaux.

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Un peu d’histoire
L’histoire de la ferme-auberge de la Ville-Andon débute à l’orée des années 70 alors que le manoir du XVème siècle se trouve dans un état alarmant.
« Un grand vaisseau abandonné, proche du naufrage », disent certains.
Des travaux permettent assez vite de mettre l’imposant bâtiment hors d’eau (de 1971 à 1974).
Mais Marie et Isidore Corbel (la famille Corbel est propriétaire de cette métairie depuis 1799) se posent des questions quant à l’avenir du lieu : agrandir l’exploitation agricole ou alors se diversifier ? Michel Le Goff, alors secrétaire du SIVOM de Châtelaudren-Plouagat, parvient à les convaincre d’ouvrir une ferme-auberge, un concept très en vogue à cette époque (en 1978).
Marie-Claire, leur fille et Hervé, leur gendre, sont (c’était la condition) de l’aventure. Ils s’en souviennent d’ailleurs avec une certaine émotion : « C’est une carte postale avec une recette de poulet au cidre qui a incité ma belle-mère, Marie, à proposer ce plat, confie Hervé. Elle l’a un petit peu modifié. Au départ, Marie, sans grande expérience, se disait qu’elle allait faire la cuisine comme pour un grand battage. »

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Cécile Borne du 7 juillet au 17 septembre :
Un travail de mémoire et de création autour de tissus échoués, parcelles d’étoffes venues du large et rejetées par la mer. Point de départ d’un développement sensible aux lisières de l’intimité du corps et du tissu social. Ouvert à tous.
www.ferme-auberge-bretagne.com/

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La Ville Andon
Plélo
02 96 74 21 77
Poulet au cidre et andouille-purée (uniquement le samedi midi et le jeudi soir pour cette dernière)

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