Plourivo : la bataille de Lancerf a-t-elle eu lieu ?

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Epées retrouvées dans le Trieux, croix énigmatiques, motte féodale… Beaucoup d’indices plaident en faveur d’une bataille qui aurait vu Alain Barbetorte repousser les Vikings à Lancerf, vers 936. Sans preuve écrite, peut-on se fier au seul désir local d’une victoire bretonne ?

Selon une tradition orale rapportée du XIXe siècle par le Chevalier de Fréminville, historien, la seconde bataille d’Alain Barbetorte contre les Normands, après celle de Dol aurait été livrée entre le bourg de Lancerf et le Trieux.
A l’en croire, les Vikings menés par Incon auraient livré un combat acharné contre les troupes d’Alain Barbetorte, futur duc de Bretagne. Ils auraient perdu beaucoup de monde, abandonné leur forteresse située sur la motte féodale encore visible au bourg (près de la place Marcel Cachin) et auraient été repoussés vers le Trieux où beaucoup auraient été engloutis par la marée au lieu-dit Toull ar C’houiled (le trou des hannetons).
Aucun texte d’époque, ni preuve archéologique ne confirment l’évènement. La seule référence connue est celle de la chronique de Nantes (XIème s.) signalant une seule victoire remportée en 936 par Alain Barbetorte « à proximité de Saint-Brieuc », à plus de 50 km de Lancerf.
La mémoire locale veut que les croix situées dans l’enclos de la chapelle et rue Barbetorte soient celles des morts illustres de la bataille. Hypothèse douteuse car ces croix semblent postérieures. Il se peut que Lancerf ait été confondu avec une bataille du même Barbetorte contre ces mêmes Vikings à Plédran.
En revanche, Reynaldo Montserrat, riverain du Trieux dans les années 80, y a retrouvé une épée viking. De plus, si la victoire est tenue comme réelle par les nationalistes, qui y voient un épisode unificateur de l’histoire bretonne, on ne peut en dire autant du chevalier de Fréminville, ardent royaliste et attaché à la France. La mémoire recueillie d’une grande bataille ici a bien traversé l’histoire, et le Trieux avait tous les attraits pour attirer la convoitise normande.
Et puis, contrairement à l’adage,  » les écrits se perdent, mais la mémoire locale perdure. « RVB-2

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