Coopérative d’activités et d’emploi : Comment ça marche ?

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Être chef d’entreprise tout en étant salarié : qui n’en a pas rêvé ? Tel est le principe des Coopératives d’activités et d’emploi. Mais pourquoi ces entrepreneurs acceptent-ils de céder un pourcentage de leur chiffre d’affaire et de payer des cotisations supplémentaires ? Quels en sont les véritables avantages ? Réponses avec Sylvain Coualan, co-gérant de la CAE 22 de Plérin, Ghislaine Libéros, entrepreneure-associée à cette même coopérative et Arnaud Théry entrepreneur-salarié.

La mission première des Coopératives d’Activités et d’Emploi est de promouvoir le développement de l’économie sociale et solidaire et d’accompagner la création d’entreprises et d’emploi sur notre territoire.
Mais, et c’est là toute l’originalité du système, il s’agit d’entreprises dites partagées dont les créateurs sont, bien qu’ayant leurs activités propres, salariés de leur coopérative.
« Nous offrons un hébergement juridique aux porteurs de projets, explique Sylvain Coualan, cogérant de la CAE 22 avec Laurence Fal-kenstein.
Souvent isolés et parfois décontenancés devant les démarches administratives, ces futurs sociétaires recherchent dans les coopératives une oreille attentive et, surtout, un cadre rassurant avant de se lancer dans le grand bain de l’entrepreneuriat.
« J’ai trouvé auprès de Sylvain et de son équipe un indispensable accompagnement à la création de mon entreprise, souligne Ghislaine Libéros, formatrice en ingénierie de projets. Leur regard d’expert m’a été précieux. Cela m’a sortie d’une sorte d’isolement, m’a confortée quant à la faisabilité de mon projet et m’a bien sûr encouragée à le poursuivre. »
Arnaud Thély, paysagiste et présent à la CAE de Plérin depuis près d’un an, ne dit pas autre chose. « Ici, il y a des gens très humains et très dispos. Ce que j’aime, c’est l’esprit familial. Les anciens accueillent les nouveaux, nous font bénéficier de leur réseau et n’hésitent pas à partager leurs expériences. Nous croisons ainsi nos regards. Et Il y a également une belle notion de solidarité et de collaboration dans la coop. Pour ma part, je partage totalement cette philosophie.»
La sécurité du statut, l’accompagnement et le cadre collectif sont à l’évidence les points forts d’une coopérative d’activités et d’emploi. « Nous permettons à ces entrepreneurs de réaliser un test grandeur nature, » note Sylvain.
L’accompagnement se poursuit tout au long du parcours par de nombreuses journées de formation et d’échange.
« J’y ai beaucoup appris, notamment sur la communication et le relationnel, poursuit Arnaud. Tout comme sur l’organisation de mon travail et la gestion de mon entreprise. Ces cessions me sont très utiles. »
Solidarité et collaboration sont ici les maître-mots. « Nous donnons sa chance à tout le monde, dit encore Sylvain. A la CAE, Il n’y a pas de discrimination, pas d’a priori. C’est l’ADN de la coopérative. Nous ne sommes pas dans le jugement mais dans le partage et le respect de l’autre. »
Bien sûr, tous ces avantages ne sont pas gratuits. L’entrepreneur contribue ainsi à hauteur de 10 % (12 % en ce qui concerne Bâti-premières) de son chiffre d’affaire hors taxes et cotise, entre autre, à l’assurance chômage. Ce qui n’est pas neutre.
« Pour moi, ce n’est pas un problème quand on voit les services associés. La CAE s’occupe, pour ne citer qu’un exemple, de notre comptabilité , » glisse Ghislaine Libéros, particulièrement impliquée dans ce modèle collectif qu’elle aime à promouvoir.
« C’est un bon compromis. On s’y retrouve, » ajoute Arnaud.
On l’a compris, être sociétaire d’une coopérative d’activités est une façon quelque peu différente d’appréhender le monde du travail.
Plus solidaire et plus démocratique : Dans le mode de gouvernance d’une Société Coopérative et Participative, une personne équivaut à une voix, quelle que soit son ancienneté, quelle que soit le capital détenu, quellle que soit sa fonction.
Et il faut savoir que la majorité du capital de la coopérative est détenue par les salariés.

Quelques chiffres :
La CAE des Côtes d’Armor

.2 cogérants, 8 salariés
.18 entrepreneurs-associés
.142 dossiers traités par an et plus de 700 suivis depuis la création en 2005
. 1,5 million d’euros de chiffre d’affaire générés par les entrepreneurs accompagnés (chiffre 2015)
.Les entrepeneurs sont en majorité des femmes (53%)
.Les entrepeneurs restent au maximum 3 ans (la moyenne est de 19 mois) ou deviennent des entrepreneurs-associés.
. 65% des entrepreneurs accompagnés ont créé leur entreprise, retrouvé un emploi ou sont devenus associés après leur passage en CAE 22 et 85 % des créations d’entreprise passées par la CAE sont encore en activité alors que le chiffre national est de 65 %
.14 % d’abandons de projet
.Le financement de la CAE se fait avec 50 % d’argent public et 50 % de contributions
.La contribution est de 10 % du chiffre d’affaire hors taxes pour Avant-Premières et de 12 % pour Bâti-Premières

Coopérative
d’activités et d’emploi
Avant-Première
(Généraliste)
Bâti-Premières
(Bâtiment)
Coop Domi Ouest
(Services à la personnes)
Ameizing
(Bureau d’études et d’ingénierie)
Nova Pôle-Bâtiment Penthièvre
2, rue de la Croix Lormel
Plérin 02 96 52 19 69

Ghislaine Libéros
Une nouvelle manière de former et de se former

« J'ai trouvé auprès de la CAE un nécessaire accompagnement à la création de mon entreprise, indique Ghislaine Libéros. Cela m'a sorti d'une sorte d'isolement ».
« J’ai trouvé auprès de la CAE un nécessaire accompagnement à la création de mon entreprise, indique Ghislaine Libéros. Cela m’a sorti d’une sorte d’isolement ».

Salariée dans un organisme de formation pour adultes dans le domaine de l’action sociale et solidaire, Ghislaine Libéros a décidé, voilà sept ans, de changer de cap, tout en restant dans son domaine de compétence. Elle souhaitait travailler autrement, avec plus de latitude. Aujourd’hui, Ghislaine partage son temps entre l’Université Rennes 2 où elle enseigne les projets sociaux et son activité de formatrice. Cette dernière se décline en deux axes. « Tout d’abord dans le champ social et médico-social auprès d’établissements professionnels, explique-t-elle. Puis, j’interviens également dans la professionnalisation de formateur, toujours en économie sociale et solidaire. »
Si elle est maintenant appelée à se déplacer dans toute la Bretagne, les Pays de Loire et la région parisienne, elle avoue que son activité a bien mis trois ans à décoller. «N’ayant jamais eu d’expérience entrepreneuriale, je me lançais dans l’inconnu. Je n’avais pas de réseau. Exercer en tant que libéral ne me tentait pas du tout. Ainsi le système de la Coopérative d’Activité et d’Emploi, dont j’avais entendu parler par hasard, m’a tout de suite convenu. » Depuis, elle en est devenue une entrepreneure associée.

Ghislaine Libéros
GL Formation
Ingénierie de projets de formation, formalisation, transfert de compétences
Saint-Brieuc 06 78 29 64 17

Arnaud Théry : Le jardin au naturel

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Fort d’une expérience en bureau d’étude paysagère puis de pépiniériste (10 ans), Arnaud a, et c’est bien naturel, souhaité évoluer et voler de ses propres ailes. Depuis maintenant un an, il exerce depuis Saint-Brieuc l’activité de conception et d’entretien de jardins. Avec une belle fibre environnementale. « Je souhaite adapter l’écologie et la permaculture aux jardins, » précise-t-il.
Car, pour le paysagiste, il existe « une autre manière d’imaginer ceux-ci. Il est possible de faire du beau et du sain. »
De plus, un espace écoresponsable demande bien moins d’entretien . « Le plus important est de s’y sentir bien, » affirme encore celui qui rayonne sur la quasi totalité du département.
Adhérent de la CAE depuis la création de son activité, Arnaud dit avoir trouvé à Plérin « un lieu rassurant et très, très humain. »

Koari Paysages
92, rue de Quintin
22 000 Saint-Brieuc
07 81 26 61 16
www.kaori-paysage.fr