Saint-Brieuc, Ils réenchantent leur ville

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La destruction des Halles, trente ans après leur construction, ouvre une belle perspective sur la place de la Grille et la cathédrale Saint-Etienne. Reste maintenant à savoir quelle sera le devenir de cet espace..

Edito

Et si, seulement si…

Nous ne sommes malheureusement pas les premiers à exprimer ce triste constat : l’hyper centre-ville de Saint-Brieuc souffre. Énormément.
Alors, le moment n’est-il pas venu d’oser des solutions innovantes.
Et si la cité briochine faisait preuve d’audace ?
Et si, par exemple, un vaste espace piétonnier s’organisait harmonieusement de la place de la Résistance jusqu’à celle de Louis-Guilloux en passant par le Chai, la place de la Grille et l’esplanade de la cathédrale Saint-Etienne ?
Et si la rue Saint-Guillaume abandonnait son statut de rue piétonne pour laisser la place à un axe de circulation ?
Et si la ville favorisait les déplacements doux et se « verdissait » vraiment ?
Et si le trop méconnu parc de trois hectares réservé au seul préfet (privilège d’un autre temps, mais sommes-nous réellement dans un autre temps ?) était ouvert au public ? Le ministère de l’intérieur a récemment fait savoir que ce ne serait pas possible.
Et si les Briochins prenaient possession de cette belle vallée du Légué ?
Et si, enfin, Saint-Brieuc devenait une véritable cité maritime ?
Si, seulement si .

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Saint-Brieuc est une ville qui cultive volontiers le paradoxe. Vue de l’extérieur, elle paraît pour beaucoup quelque peu triste et fade alors que les gens qui y vivent s’y sentent bien. La vérité est sûrement entre les deux.
Le centre-ville de la préfecture des Côtes d’Armor peut, il est vrai, se montrer déprimant avec ses nombreux pas-de-portes vides, son plan d’urbanisme quelconque, ses maisons grises et ses courants d’air. A première vue, il ne semble pas y avoir d’unité.
Pourtant, Saint-Brieuc a dans sa manche un nombre considérable d’atouts. Tout d’abord une grande proximité avec un superbe littoral. Ce qui n’est pas rien. Ensuite, peu de villes de cette importance peuvent s’enorgueillir de posséder un port aussi actif à ses pieds.
Les vallées, certains n’hésitent pas à parler d’un Central Park en puissance, et les parcs sont aussi une vraie chance. Quant au patrimoine, avec ses nombreuses maisons du XVIème siècle, il mérite qu’on s’y intéresse.
Et n’oublions pas de parler du dynamisme des quartiers (Robien, Les Villages, le Légué, Ginglin, St-Michel) et de ses habitants. De plus, les lieux culturels de bon niveau et les associations sportives ne manquent pas.
Ainsi, Saint-Brieuc a tout pour réussir mais, ainsi que nous le confiait Yves Hennequin, alias Véloman (voir page 8) : « Le moment est venu de faire des choix audacieux. Il faut oser. »
En tout cas, pour Gaspard Verdure et les adhérents de Vert le Jardin, des Incroyables Comestibles et de Vélo Utile, qui chacun à sa façon réenchante la cité, c’est limpide : « Saint-Brieuc peut se rêver un bel avenir. »

Avec ses cafés et ses restaurants, le rue Fardel, située tout près de la place Louis-Guilloux et de la préfecture, est l'une des plus fréquentée du centre-ville de Saint-Brieuc.
Avec ses cafés et ses restaurants, le rue Fardel, située tout près de la place Louis-Guilloux et de la préfecture, est l’une des plus fréquentée du centre-ville de Saint-Brieuc.

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Les Incroyables Comestibles
« Semer des graines dans les esprits »

Bruno Gaspard, Anne Rastetter, Lucie, Simon et Dominique Seignoux et Rafik Belhout (au premier plan) se sont rejoints à la Serre afin de travailler à de nouveaux projets. Les bacs, d’environ 1 m3, sont essensiellement fabriqués avec des palettes de récupération.
Bruno Gaspard, Anne Rastetter, Lucie, Simon et Dominique Seignoux et Rafik Belhout (au premier plan) se sont rejoints à la Serre afin de travailler à de nouveaux projets. Les bacs, d’environ 1 m3, sont essensiellement fabriqués avec des palettes de récupération.

L’idée, née en 2008 à Todmorden, une ville anglaise de 15 000 habitants, est toute simple : planter des fruits et des légumes dans l’espace public partout où cela est possible et les laisser ensuite en libre cueillette. Gratuitement. En quelque sorte, semer pour les autres. C’est ce que s’efforce de réaliser en terre briochine un collectif particulièrement motivé par cette forme d’intelligence collective. Rencontre.

Ce soir-là, ils sont six membres du collectif Les Incroyables Comestibles à s’être donné rendez-vous à la Serre, leur base arrière située non loin de la maison Louis Guilloux. Depuis mars 2015, cette dynamique équipe, tout d’abord formée sous l’impulsion d’Hervé Nachbaum, multiplie les projets dans les quartiers et le centre-ville de Saint-Brieuc. Leur but est d’installer le plus possible de bacs de jardinage dans l’espace public. Ils y plantent ensuite des graines qui donnent d’inestimables aromates, courges, tomates, framboises et de bonnes fraises bio.
« Après, les gens peuvent se servir. C’est un endroit de partage, tout est gratuit, » explique Anne.
Ce travail se fait, il faut le noter, en partenariat avec la mairie briochine et notamment Raymond Cloarec, le responsable du service des espaces verts. Ainsi, on peut aujourd’hui trouver ce type d’installation un peu partout en ville : place des Marronniers, boulevard Carnot, dans des cours d’HLM, place Louis-Guilloux ainsi qu’au centre-ville.
« Ça se fait toujours avec l’accord, voire à la demande, des habitants. L’idéal serait que ceux-ci prennent ensuite la main, » souligne Rafik. Si ces initiatives, appelées à se développer encore et encore, visent à créer une abondance gratuite de nourriture de qualité (nous en sommes encore loin), elles sont aussi de belles occasions pour tisser des relations durables.
« C’est d’abord un projet humain, note Bruno. Il y a une interaction, nous apprenons à faire ensemble avec peu. C’est presque un prétexte pour créer du lien.» Il s’agit aussi et surtout d’appréhender la ville de manière bien plus collective, bien plus solidaire et, par là même, de «semer des graines dans les esprits.»

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Les Incroyables Comestibles
www.ic-saint-brieuc.fr
ic.saintbrieuc@gmail.com
Réunion tous les 1er du mois 18 h à la Serre. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Le collectif compte une vingtaine de membres. Ateliers nichoir/mangeoire, jardinage, etc. 

Véloman
« A Saint-Brieuc, nous avons tout ! »

Yves Hennequin effectue environ 60 à 80 kilomètres lors de ces 6 à 8 heures journalières. (Photo l’œil de Paco/DR)
Yves Hennequin effectue environ 60 à 80 kilomètres lors de ces 6 à 8 heures journalières. (Photo l’œil de Paco/DR)

Aujourd’hui, sa silhouette est parfaitement identifiée à Saint-Brieuc. Trois ans maintenant qu’Yves Hennequin, plus connu sous le nom de Véloman, sillonne du matin au soir les rues et ruelles de l’agglomération au guidon de son étonnant vélo de coursier. Forcément, l’ancien ingénieur en cartographie numérique et géographe de formation porte un regard aiguisé sur sa ville qu’il imagine dans les années à venir en destination touristique attractive et en une cité où il fera bon vivre et flâner.

«Saint-Brieuc doit faire des choix audacieux»

Yves Hennequin, revenu un peu par hasard dans sa ville à la faveur de la mutation de son épouse, ne peut nier que Saint-Brieuc, comme tant d’autres cités moyennes Françaises, est en souffrance.
Pourtant, Yves reste persuadé que le chef-lieu des Côtes d’Armor a une belle carte à jouer, tant ses atouts semblent évidents.
« Il n’y a pas de ville repoussoir, commence-t-il . Ici, il y a clairement un déficit d’identité. Il faut que les Briochins s’affirment et soient fiers de leur histoire, fiers de leur ville, fiers de leur région. A Saint-Brieuc, nous avons tout : un littoral tout proche, un port en pleine ville, des vallées attrayantes, de nombreux parcs sans parler du dynamisme des associations culturelles et sportives, une pour cinquante cinq habitants dit-on. Il y a aussi un patrimoine qui ne demande qu’à être valorisé.  »
L’homme pense que le moment est venu de faire des choix audacieux. « Nous vivons une mutation. L’espace urbain est à réinventer. Il faut revaloriser et se réapproprier notre cadre de vie. L’exemple de Détroit, aux États Unis, vaut d’être étudié.  Et, l’enjeu majeur est pour moi de faire revenir les gens habiter au centre-ville. » Dans l’esprit d’Yves Hennequin, c’est clair, Saint-Brieuc doit se réinventer et oser se positionner en tant que destination touristique. Plus que jamais.

Sur le flanc à cause d’un vilain accident survenu lors de sa toute dernière course de l’année 2017, Yves Hennequin devrait reprendre son travail dans quelques semaines et de nouveau sillonner l’agglomération, d’est en ouest, du nord au sud, d’un coup de pédale alerte. A raison de 6 à 8 heures par jour pour 60 à 80 kilomètres,
son activité de coursier à vélo (il est le seul à Saint-Brieuc) a trouvé sa réalité économique. « C’est un métier tellement particulier, psychologiquement difficile, explique l’ancien ingénieur. Mais j’avais une telle envie de le faire, d’être au cœur de l’action, avec pragmatisme. Prouver que c’est possible. Pour moi, c’est aussi un choix de vie au grand air, au rythme des saisons.»
Convaincu que les mobilités douces sont l’avenir de la ville, Véloman a relevé le challenge.
« Dans ce travail, la relation de confiance est primordiale. » Ainsi de nombreux clients (administrations, entreprises, commerces, biocoop, banques, avocats, médecins, fleuristes, traiteurs) n’hésitent pas à lui confier leurs précieux plis ou paquets qu’ils savent en de bonnes mains.
« C’est passionnant : on rencontre un tas de gens. Il est vrai que la bicyclette attire la curiosité et la sympathie. »

Vélo Utile
Priorité aux déplacements doux

Les adhérents de Vélo Utile, ici à l'atelier de la rue du Légué, ne sont pas anti-voiture mais préconisent l'utilisation de la bicyclette au quotidien.
Les adhérents de Vélo Utile, ici à l’atelier de la rue du Légué, ne sont pas anti-voiture mais préconisent l’utilisation de la bicyclette au quotidien.

Inlassablement, l’antenne briochine de Vélo Utile multiplie les actions et les animations sur le territoire afin de sensibiliser le plus grand nombre à la pertinence de l’utilisation de la bicyclette en milieu urbain. Promouvoir « les déplacements doux et la pratique du vélo au quotidien » : telle est la vocation de cette communauté cyclable, forte de plus de 500 membres.

Cet endroit a tout du paradis pour les adhérents de Vélo Utile. Ce mercredi, ils sont six ou sept à s’activer parmi les vélos et les outils dans l’atelier de la rue du Légué. D’habitude, ils sont un peu plus nombreux.
« Nous réparons et retapons nos vélos, indique un des trois Philippe présents ce soir-là. Il y a ici plein de pièces récupérées à droite, à gauche. Alors chacun se sert et se débrouille. Nous ne vendons rien. Nous donnons juste un coup de main lorsque c’est nécessaire. »
L’atelier est le point de rencontre, le centre névralgique de l’association. C’est de là que partent et fusent les idées.
« Nos adhérents sont très motivés et aussi très hétérogènes. Il y a de tout. Des jeunes, des moins jeunes, des gens qui utilisent leur vélo tous les jours et d’autres seulement lors des week-ends ou des vacances, note Laurent. Nous n’avons pas de président, juste un conseil d’administration. »
Cela ne les empêche pas de se montrer particulièrement actifs dans leur militantisme en faveur de la pratique du vélo au quotidien.
Tout d’abord, ils ont mis sur pied un original challenge vélo-boulot inter-entreprises qui consiste à inciter les salariés à se rendre au travail à vélo.
« Une fois dépassé les appréhensions, les gens se rendent compte que ce n’est pas si difficile, se réjouit Jacques. Il y a même dans certaines entreprises une émulation entre services. En 2016, l’équivalent de St-Brieuc-New-York, par l’est, avait par exemple été parcouru. »
D’autre part, sont régulièrement organisées des balades cyclo contées (Les Vélos Taffeurs), des biclou-Garou (balade au clair de lune) ainsi qu’un forum à l’IUT. Ce dernier vise surtout à faire la promotion du tourisme à vélo.
Si la ville de Saint-Brieuc fait de louables efforts pour ses cyclistes, Noël, spécialiste des aménagements dans l’association, regrette pourtant « qu’il faille tout le temps se bagarrer » et que « les décisions soient si longues à être prises. Et ça, c’est usant. » Celui qui « hait les ronds points » se réjouit par contre de l’ouverture prochaine d’une voie verte qui mènera du Zoopole de Ploufragan au port de Légué. « Normalement en mai, voire en septembre au plus tard. »

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Vélo Utile
29 bis, rue du Légué
Saint-Brieuc
www.velo-utile.fr

Vert le Jardin
« Remuer la terre et les idées »*

Jean-Marc Edet, Anne-Line Albeissen et Mélusine Moreno s'affairent dans leur potager du boulevard Hoche à Saint-Brieuc.
Jean-Marc Edet, Anne-Line Albeissen et Mélusine Moreno s’affairent dans leur potager du boulevard Hoche à Saint-Brieuc.

Ici aussi, ils sèment le partage et cultivent le lien social. Le jardin est d’abord prétexte à échange, à expérimentation et se veut lieu d’expression. Dans son Quartier Général du Boulevard Hoche à St-Brieuc, l’antenne départementale de Vert le Jardin multiplie les activités et les formations autour du potager. Et accompagne les nombreux projets de jardins et compost partagés qui germent un peu partout dans les Côtes d’Armor.

Près de 18 ans que l’association régionale Vert le Jardin se démène afin de développer le concept du jardin et du compost partagé en Bretagne.
A Saint-Brieuc, ils sont deux salariés à porter la bonne parole avec l’aide précieuse d’une stagiaire et d’un service civique. Ils multiplient ainsi les interventions un peu partout dans notre département afin de « remuer la terre et les idées*. »
Et au fil des ans, le projet a bien avancé.
« Les jardins partagés sont en plein développement, indique Jean-Marc Edet, animateur et coordinateur. Nous en montons 7 à 8 par an. Il y en a, par exemple, dix-huit à Saint-Brieuc. »
Jean-Marc et ses collègues apportent alors leurs méthodes, leurs structures et leurs expériences aux jardiniers-habitants qui « sont au cœur de notre démarche, » et servent d’interface entre le public et les collectivités.
Le public, justement, est très varié. « Il y a les particuliers de 7 à 77 ans, tant urbains que ruraux. Et nous avons aussi des écoles, des crèches, des centre sociaux, des foyers pour handicapés et des jardins pédagogiques. Ça fait du monde », sourit Jean-Marc.
L’idée forte de Vert le Jardin est de créer autour de ces activités un lien fort et durable. D’ailleurs, la récente opération de l’association, 1 jardin pour 2 (voir ci-contre), s’inscrit précisément dans cette philosophie.

(*: il s’agit de la devise de l’association)

1 jardin pour 2
Le principe de l’opération 1 jardin pour 2, expérimentée depuis deux ans et calquée sur celle d’1 toit, 2 générations est assez simple : il s’agit pour quelqu’un qui ne pourrait plus pour diverses raisons (âge, santé) cultiver son jardin de le partager avec une autre personne. «Ils peuvent ainsi se répartir le travail et le coût des semences puis partager les légumes et les fruits. Et, surtout, vivre un bon moment ensemble. »

Vert le Jardin
22, bd Hoche
Saint-Brieuc
06 48 48 12 24
22@vertlejardin.fr
www.vertlejardin.fr
150 adhérents, 3 euros la cotisation mini.
Animations (jardin, compost, conserverie) , formations et stages.

Gaspard Verdure :
« Ma vie et ma ville sont des boules à facettes »

Gaspard en crieur de rue, en extraterrestre disco sur son hoverboard, en vestale raphaélique... drôle, poétique et profond, comme il aimerait voir sa ville plus souvent. (Photos L’œil de Paco/DR)
Gaspard en crieur de rue, en extraterrestre disco sur son hoverboard, en vestale raphaélique… drôle, poétique et profond, comme il aimerait voir sa ville plus souvent. (Photos L’œil de Paco/DR)

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Acteur protéiforme de la scène briochine, le crieur public s’est mué en clown de rue, poète, promoteur de bungalows, capitaine de chants de marrants… Il aimerait qu’on ne réduise pas sa ville au seul commerce et à Art Rock. Selon lui, Saint-Brieuc fourmille de projets qui ne demandent qu’un peu d’arrosage et de « funier » pour pousser.

Qu’est devenu le crieur Gaspard Hazard ?
Plein de choses : un clown dans un spectacle intitulé J’aime pas le disco qui parle de son décalage avec les foules chantant en cœur des tubes genre Born to be alive. Cela a aussi donné lieu à un clip (bientôt visible) où on reconnaît plein de lieux emblématiques de la ville. Il fait aussi partie des Capitaines du Légué, parodiant les chants de marin. C’est aussi un animateur du village de cabanes du Valais: « Cet été ce sera la fête chaque m’Hardi du 07/07 au 14/08. » Il éditera bientôt un recueil de poèmes « profonds et drôles ».
Que pense le Briochin de sa ville ?
On parle toujours des vitrines vides en oubliant que l’activité ne se résume pas au commerce, même si pour lui, c’est important.
« Ça ne choque personne que des locaux à 800 euros/mois restent vides 5 ans. Pourquoi pas des baux précaires moins chers qui accueilleraient aussi des collectifs d’artistes ? » Ça l’énerve aussi qu’on accuse les parcmètres de la désertification du centre.
« A Strasbourg, parkings périphériques et navettes gratuites ont réglé le problème. » Ou bien passer au disque bleu.
A-t-il des idées pour sa ville ?
« Installer une immense boule à facettes place du Martray ou du Chai (en haut de préférence) » car Saint-Brieuc est, à l’image de sa vie, à multiples visages.
« On la réduit trop à un événement de 4 jours au printemps. Si on donnait rien qu’un peu aux projets qui ne demandent qu’à germer (et il y en a), on aurait une ville plus fun toute l’année! » Du « funier » pour faire germer, de la couleur aux façades grises, « de la déconne certes, mais avec conscience, et la ville sera plus gaie ».
A quand un Gaspard, réconcilié avec le disco, braillant I wanna have fun à travers les rues ?

https://droledhazard.wordpress.com