De Tonquédec, Drucker, Jonasz en Centre-Bretagne : Roxane, Jacques, Hubert et les autres

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Scène de tournage à Saint-Nicolas-du-Pelem avec Léa Drucker. A l’intérieur de la voiture, c’est Michel Jonasz. (Photo Pascal Le Coz)

Guillaume de Tonquédec, Léa Drucker, Michel Jonasz, Jean-Yves Lafesse et Lionel Abelanski : Mélanie Auffret s’est offert à tout juste 27 ans un magnifique casting pour son tout premier long-métrage. La jeune fille originaire de Corlay a tenu à le tourner dans une région qu’elle connaît bien : le Centre-Bretagne. Jacques Lotout, aviculteur à Canihuel, a joué le rôle de conseiller volaille auprès de l’équipe. Retour sur cette magnifique aventure humaine.

Jacques Lotout, très présent sur ce tournage. Conseillé "vollaille", il a aussi tenu un petit rôle dans le film de Mélanie Auffet (Photo plc)
Jacques Lotout, très présent sur ce tournage. Conseillé « vollaille », il a aussi tenu un petit rôle dans le film de Mélanie Auffet (Photo plc)

Le rendez-vous était donné au Carpe Diem, café situé en face de l’église de Corlay. Jacques Lotout et Hubert Le Lay, le patron du bistrot, sont là. Et ils ont encore de l’émotion dans la voix lorsqu’ils évoquent les souvenirs de ce tournage.
« On a mis huit à dix jours à s’en remettre, » rigolent-ils . Et des anecdotes sur ce tournage qui s’est déroulé cet été à Corlay mais aussi à Pontivy, Plusquellec, St-Connan, St-Nicolas-du-Pelem, Kerpert et Carhaix, ils en ont par dizaines.
« Peu avant le début des prises de vue, Guillaume de Tonquédec a par exemple participé à 3h du matin à un ramassage de volailles, incognito, afin de s’imprégner de son rôle, confie Jacques. Il avait la barbe et personne ne l’a vraiment reconnu. Le chef d’équipe nous a d’ailleurs demandé qui c’était celui-là. Car il ne le trouvait pas très performant. »
Hubert se souvient quant à lui de Michel Jonasz rentrant dans son bar avec un… âne. Et aussi de cette soirée qu’il a passée à uriner contre un mur, entouré du même Michel Jonasz et de Lionel Abelanski. Pour le besoin du film bien sûr.
Ce film à joli budget a permis de belles rencontres. L’équipe technique, d’une quarantaine de personnes, comportait des profils étonnants. « Notamment un dresseur d’animaux, Manu, qui est venu avec ses poules. C’est incroyable ce qu’il peut leur faire faire, s’enthousiasme Jacques. Par contre, il fallait les respecter, ces volailles. Et y faire très attention ».
Les acteurs, le cadreur, le preneur de son, la scripte, les techniciens, tout ce beau monde s’est parfaitement fondu dans l’ambiance corlaysienne. « Ils ont même participé – et comment ! – à l’anniversaire du bar, s’amuse Hubert. Et jusque très très tard dans la nuit ». Bar qui a d’ailleurs servi de décor pour quelques scènes, tout comme les deux poulaillers de Jean Pierre Jouanny de St-Connan. Il n’était d’ailleurs pas si évident de trouver des bâtiments avec des lots de poulets prêts à partir à cette époque. Mais là, il s’agissait de la mission de Jacques Lotout. « Heureusement qu’il était là, » confie, soulagé, Olivier Guigner, producteur délégué. Jacques a également tenu un tout petit rôle. « J’arrive en tracteur au Crédit Agricole de St-Nicolas-du-Pelem ». Tracteur prêté par la municipalité.
De l’avis de la production, « l’accueil a été parfait et a suscité un super engouement. Les gens étaient enthousiastes. Ce n’est pas toujours le cas dans des endroits comme l’île de Ré ou à Paris, habitués aux tournages ».
Parfait également le comportement des acteurs-vedettes. Guillaume de Tonquédec a d’ores et déjà promis de revenir au Carpe Diem. C’est dire. Michel Jonasz était toujours disponible et Lionel Abelinski a pleinement séduit par sa grande simplicité et sa gentillesse.
« On vivait avec eux ou eux avec nous ».
Quant à Mélanie, pour qui rappelons-le, il s’agissait d’un premier film d’envergure, « elle a géré cela comme une pro, » selon Jacques et Hubert.
Et elle, dont la grand-mère vit toujours à Corlay, estime qu’elle « avait moins de pression en tournant ici, chez elle ». Cette quarantaine de jours de tournage a en tout cas constitué « un grand moment, un cadeau » pour celles et ceux qui ont eu la chance d’y participer, les petits rôles comme les nombreux figurants. Et c’est avec impatience qu’ils attendent la sortie de « leur » Roxane. Sortie programmée au premier semestre 2019.

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Mélanie Auffret s'est sentie très à l'aise chez elle, en Centre Bretagne. « L’accueil a été FABULEUX ». (Photo PLC)
Mélanie Auffret s’est sentie très à l’aise chez elle, en Centre Bretagne. « L’accueil a été FABULEUX ». (Photo PLC)

Le synopsis :
Roxane, le film de Mélanie Auffret, raconte l’histoire d’un agriculteur bio, Raymond, joué par Guillaume de Tonquédec, qui, pressé par sa coopérative et de fait menacé d’une imminente faillite, tente le tout pour le tout : Passionné par Cyrano de Bergerac et Jean de la Fontaine, il a l’idée quelque peu folle de mettre en scène ses poules, dont son actrice fétiche Roxane, afin de créer le buzz. Et ainsi sauver sa ferme et son couple. La musique du film sera composée par Gaëtan Roussel.

 

A l’intérieur de la voiture, Michel Jonasz. (Photo Pascal Le Coz)
A l’intérieur de la voiture, Michel Jonasz. (Photo Pascal Le Coz)
Jacques Lotout et Hubert Le Lay au Carpe Diem, décors de nombreuses scènes. (Plc)
Jacques Lotout et Hubert Le Lay au Carpe Diem, décors de nombreuses scènes. (Plc)

« Sois heureuse ma poule »
Mélanie Auffret s’est fait remarquer par son court métrage (7mn19) de fin d’étude (à l’EICAR de Paris) « Sois heureuse ma poule». Tourné notamment chez Anne-Marie Prigent à St-Ygeaux, Yves Guillou à Guilleron, Jacques à Canihuel et au Carpe Diem. Ce court était le plus petit budget (1200 euros) des films en compétition. Il s’agit d’une fable qui voit Raymond dans l’obligation d’annoncer à ses poules plein air que l’élevage industriel va devenir la norme. Le rôle de Raymond, tenu par Jacques Lotout, cousin par alliance de la famille de Mélanie, vaudra au comédien amateur le prix de la meilleur interprétation masculine. Le jury du premier prix Eicar 2016, présidé par Thomas Gilou, décernera quant à lui son premier prix à « Sois heureuse ma poule » qui se distinguera également au festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez en présence d’Omar Sy. C’est à ce moment que la puissante maison de production Quad Films décide de confier un budget conséquent (2,7 millions d’euros) à Mélanie Auffret afin qu’elle puisse réaliser son tout premier long métrage.
Visible sur www.eicart.fr (puis accueil-galerie-les travaux des élèves).

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Manu, le dresseur d’animaux, Roxane la poule vedette et Guillaume de Tonquédec. (Photo Roger Arpajou)
Manu, le dresseur d’animaux, Roxane la poule vedette et Guillaume de Tonquédec. (Photo Roger Arpajou)