Triskill et Sparfell Pour des festoù-noz ébouriffants !

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Triskill (en haut , Photo d'Alain Marie-http///www.alainmarie2.com) et Sparfell, chacun dans son style, représentent l'avenir d'une scène bretonne qui n'attend qu'un nouvel élan.

Le concours inter-lycée de Lannion est une bouillonnante écloserie de culture celtique. Elle produit chaque année sa cuvée de jeunes talents. Des groupes de fest-noz meurent, d’autres mûrissent. Triskill et Sparfell, eux, ont passé la barre.

Sparfell

« On s’appelle Triskill, on est venus vous réveiller ! » L’un porte un tee-shirt Iron Maiden, l’autre Chuck Berry. Un troisième une casquette irlandaise, un quatrième est imprégné jusqu’à la glotte de littérature bretonne. C’est un peu tout ça Triskill : une giclée de Tabasco sur du beurre demi-sel, de la nitroglycérine certifiée AB (Approbation Bretonne), la tradition breizhou sauce Métal. Leur nom même – formé de « triskell » et de « kill » – porte en germe le virus de leur bipolarité. Pas les premiers du genre, avant il y a eu Hiks, les Ramoneurs de menhirs, Ar Re Yaouank par certains côtés, mais ces cinq jeunes-là regardent vers l’avenir. Attention, c’est pas du free-punk non plus, les pas et rythmes sont respectés, mais le danseur doit s’attendre à lever plus haut la jambe et sentir davantage en lui bouillir l’adrénaline. Guitare saturée, basse et batterie implacables, violon et accordéon chauds comme des Breizh, il est conseillé de s’échauffer les mollets avant tout fest-noz de Triskill. (À Trestel, le 28 juillet).
De même génération, et tout aussi échevelé mais de son plus traditionnel, Sparfell (épervier) trace son sillon dans le ciel de Bretagne avec juste une basse comme instrument intrinsèquement électrique. Batterie, guitare sèche, accordéon diatonique et flûte traversière dispensent une atmosphère plus acoustique mais tout aussi dansante. Leurs breaks impeccables, les relances et fausses fins témoignent d’une belle maîtrise et d’une splendide inventivité. Si les festoù-noz sont un peu en perte de vitesse en cette fin des années 2010 et le nombre de groupes en diminution, gageons qu’avec une qualité de musiciens comme celle de Sparfell et Triskill, la nouvelle vague est imminente.