Manoir de Keravel à Grâces

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Dominant Guingamp depuis Grâces, le manoir de Keravel est une harmonieuse construction datant du milieu du XVIIe. La façade Louis XIV avec une grande et belle porte a quant à elle été réalisée en 1690, tout comme l’escalier à balustre qui mène au premier étage. Une allée, deux vastes jardins, un four à pain, une métairie complètent un ensemble dont « l’intérêt est de représenter l’architecture des manoirs-châteaux du XVIIIe siècle liant le plaisir d’une résidence proche de la ville et d’une exploitation agricole assurant les denrées de la vie quotidienne, » selon Dominique Pérrault, architecte en chef des monuments historiques. La grande curiosité de ce manoir, typique de l’habitat des nobles bourgeois de Guingamp de la fin du XVIIIe et qui appartient aujourd’hui à Geoffroy Chancerelle de Roquancourt (les terres de Keravel sont la propriété de la famille depuis 1569), est sans nul doute la tour coiffée d’un toit en forme de carène de bateau inversé.
Une petite anecdote pour finir : un drame eut lieu au monastère tout proche. Deux moines assassinèrent en effet leur supérieur et abandonnèrent le corps dans… l’allée du manoir. Nous étions alors en 1636.

Il est possible de visiter ce manoir sur demande.
Il est possible de visiter ce manoir sur demande.

Architecture :
On distingue trois tendances : au départ le style est gothique puis devient Renaissance au XVIe sous l’influence des châteaux de la Loire à l’esthétique italienne. Et, enfin, arrive ce qui est appelé le classicisme (XVIIe). Les manoirs étaient tout d’abord constitués d’un seul corps de logis puis sont apparues les constructions en T avec des tourelles qui abritaient l’escalier à vis (de la fin XVIe au milieu du XVIIe). Les cours de ces manoirs étaient toujours closes. Il existe aussi des manoirs-porches ainsi que des manoirs-urbains. Bien souvent des constructions ecclésiastiques.
Le logis seigneurial était situé au premier étage et c’est au grenier qu’étaient entreposés les grains. Le rez-de-chaussée était quant à lui réservé aux communs.
Bien souvent, des logis-portes se trouvaient au dessus de la porte qu’ils étaient censés défendre. De nombreux manoirs possédaient également des coursières (galeries) extérieures en bois. Il est à noter que ces demeures qui n’avaient pas vocation militaire étaient généralement faiblement fortifiées. Le strict nécessaire pour se défendre des brigands ou autres maraudeurs.

Manoir du Colombier à Hénon

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Le manoir, fortifié, muni d’une belle tourelle et à cour close était à l’origine un simple relais de chasse qui appartenait aux Visdeloup, seigneurs de Bédée. Nous étions alors au XVe siècle. Ensuite, au XVIIe, le marquis de Bédée, membre du parlement de Bretagne, a fait édifier une nouvelle tourelle ainsi qu’une aile supplémentaire. Une allée de chênes (il en reste quelques-uns) accueillait alors le visiteur. Le parc à la française a lui été remanié au XVIIIe afin d’être remplacé par un parc à l’anglaise, très en vogue à cette époque. Une originale chapelle est aussi élevée à ce moment-là. A la Révolution, le marquis a dû s’installer avec son épouse Mlle de la Moussaye à Hénon, son château principal ayant été incendié. Le marquis de Visdeloup n’avait pas d’enfants et a donc légué le manoir à son neveu, Victor de Lorgeril. Cette famille est toujours propriétaire du Colombier. Il s’agit aujourd’hui de la cinquième génération.

Manoir du Colombier
Hénon
02 96 73 57 81
Visites possibles (sur rendez-vous) toute l’année de 9h00 à 18h00 : 5 euros.
Visites guidées avec la propriétaire la Comtesse de Lorgeril sur rendez-vous : 6 euros.

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