Dahouët : Petit port, grande histoire

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Terre-Neuve fut la première terre promise, et les pêcheurs de Dahouët en première ligne sur les bancs de morues. Puis ce fut l’Islande, où les Daouëtins se distinguèrent encore. Histoire d’un petit port qui a tenu la dragée haute aux grands.

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Dahouët, 1er port Terre-neuva ?
C’est ce dont se vantent les pêcheurs dahouëtins, partis en 1510 sur La Jaquette. Ce que contestent formellement les Bréhatins, eux-mêmes contredits par les Basques et les Malouins. En fait, il semble que les Portugais aient devancé tout le monde en 1504. Les Dahouëtins ont sans doute été les premiers Français arrivés là-bas, mais pas les plus nombreux puisque Normands, Paimpolais, Basques puis 50 ports français vont y lancer leurs armadas. Les découvreurs du lieu disaient qu’ils suffisait alors « de tremper un casier dans l’eau pour en retirer du poisson ». Un filon qui mit 5 siècles à se tarir.
Dahouët/Paimpol, la guerre d’Islande a bien eu lieu
Le second filon fut l’Islande. De 1857 à 1921, une petite quinzaine de bateaux sont partis chaque année de Dahouët. Les principaux armateurs en furent les Carfantan. En quatre générations, leurs bateaux sont passés de 50 à 150 tonneaux. Alors que les Paimpolais pêchaient à l’est de l’île, les Dahouëtins restaient à l’ouest, mais des heurts survenaient. Normalement les lignes de fond étaient tirées depuis le bateau, les Dahouëtins les allongeaient, eux, depuis des doris. Une technique dangereuse en Islande car les doris se retournaient parfois ou se perdaient dans la brume. En 1898, Carfantan arma un trois-mâts, La Mathilde qui fit deux campagnes en une : Islande et Terre-Neuve, avec une relève au milieu. La seconde fut miraculeuse : 95.000 morues ! Mais le bateau et les hommes souffrirent tant que l’expérience ne fut pas renouvelée.

« Tu pêcheras pour ne pas pécher »
Une des motivations de la « grande pêche » était religieuse. Avec 150 jours par an sans viande (vendredis, carême etc.), le calendrier chrétien rendait le poisson nécessaire, surtout à l’intérieur des terres, dans les couvents et monastères, comme substitut aux aliments carnés. La morue salée rapportée de Terre-Neuve ou d’Islande était donc étroitement liée à la pratique religieuse. Qui l’eut cru ?

A visiter : Atelier du Patrimoine maritime, quai des Terre-neuvas, et leur blog très bien fait : http://patrimoinedahouet.over-blog.com