L’aquaculture vertueuse existe, on l’a rencontrée

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L’aquaculture intégrée proposée par Symbiomer est une combinaison d’élevages complémentaires : truites et algues favorisant la présence naturelle de crustacés. Elle respecte les eaux, la faune et la flore, est parfaitement adaptée à la polyvalence des marins d’ici. Une solution d’avenir ?

Depuis qu’il a quitté le Ceva (*), Alexis Bouvet est une personne très occupée. Il y a un an et demi, il a créé Symbiomer au but des plus explicites : créer une symbiose, un cercle vertueux entre différentes espèces marines se confortant les unes des autres.
Et pourtant, Dieu sait si l’aquaculture classique n’a pas bonne presse, accusée d’épuiser les ressources sauvages, de favoriser maladies et parasites par sa concentration, d’obliger à des recours chimiques, antibiotiques et ses rejets, de favoriser des algues qui étouffent les fonds marins. Rien que ça !
Preuve de cette méfiance, la concession d’Alexis est la première autorisée depuis 1996 !
Seulement, sa vision à lui est différente : « D’abord on limite fortement la densité des truites de mer. Celles-ci sont nourries de granulés bio agrémentés en début d’élevage de compléments d’algues stimulant leurs défenses immunitaires. Des algues cultivées à proximité absorbent en même temps les particules inorganiques dissoutes dans l’eau. » Quant aux rejets insolubles, ils sont absorbés par les animaux filtreurs, les coquilles qui prospèrent à l’aplomb, à l’abri de la concession. (**)
On a donc une triple production de truites de mer bio, de coquilles (excellentes !) et de macro-algues (production majoritaire) utiles à l’industrie, l’alimentation (compléments, gélifiants, émulsifiants naturels…), la cosmétique et comme engrais dans l’agriculture. Quand cette dernière absorbe des algues au lieu d’en favoriser la proléfération, c’est tout bon !
Yannick Hemeury, ancien pêcheur et associé au projet voit, lui, dans ce projet un laboratoire instructif pour tous les professionnels locaux, culturellement polyvalents. « Les élevages d’huîtres, de moules, les pêcheurs de crustacés peuvent y puiser des idées d’associations pour des activités complémentaires. » Le temps des monocultures et de l’uniformité est sans doute révolu, place à la biodiversité fructueuse !

La concession s'étendant sur 3 ha, les crustacés peuvent s'y développer à l'abri, nourris de surcroit par les rejets des truites. De plus, les parcs sont lestés par des blocs de granit dont les alvéoles sont autant de nichoirs favorisant la biodiversité.
La concession s’étendant sur 3 ha, les crustacés peuvent s’y développer à l’abri, nourris de surcroit par les rejets des truites. De plus, les parcs sont lestés par des blocs de granit dont les alvéoles sont autant de nichoirs favorisant la biodiversité.

L’aquaculture, c’est aussi cela :
4000 ans : les premières traces d’aquacultures en Chine et Egypte.
1 poisson sur 2 consommé est d’élevage.
60 % est la part chinoise de la production mondiale.
15 % est la part de la production française de poisson d’élevage. Elle importe le reste.
20 % des captures en mer alimentent les poissons en cage.

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(*) Ceva : Centre d’étude et de valorisation des algues, à Pleubian,
(**)www.facebook.com/alimagri/videos/314747522650988