Criée : il est cinq heures, Saint-Quay s’éveille !

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Le métier de crieur est plutôt réservé aux lève-tôt. La journée démarre en effet au beau milieu de la nuit, aux alentours de 3h 30. Tout d’abord pour vérifier les lots et les trier. La vente à proprement parler ne débute quant à elle qu’à 5h 30 précise pour se clore à 8h 30.

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Il ne fait pas si chaud en ce milieu de nuit sur les quais du port en eau profonde de Saint-Quay-Portrieux. Plutôt frisquet même. Il est près de 5h 30 et l’équipe de la criée, une trentaine de personnes en tout, est déjà en place. Le tri, la pesée, la vérification des lots ont été effectués depuis un bon moment déjà. La vente va pouvoir commencer. Les acheteurs – enfin pas tous car beaucoup utilisent aujourd’hui l’outil informatique – sont en place .
« Les pratiques de mareyeurs ont bien changé depuis plus d’une dizaine d’années, commente Nicolas Guillou, l’un des deux crieurs de Saint-Quay-Portrieux. Ils achètent beaucoup à distance. Après une transition de 5/6 ans, le pli est maintenant pris. Seuls les locaux se déplacent ».
Toujours est-il que Nicolas est solidement installé à son pupitre. Les enchères descendantes, façon marché au cadran, peuvent s’enchaîner.
« Un lot toutes les 6 secondes, 1 400 par jour en moyenne. En gros 25 tonnes journalières ».
Le rôle du crieur est crucial.
« On se doit de maintenir le rythme, indique Ludovic Elniguel, lui aussi crieur à Saint-Quay-Portrieux. Et pour ceux qui achètent par internet, nous sommes un peu leurs yeux. Ils s’en remettent à nous ».
Ainsi, la bonne connaissance des produits est une qualité indispensable pour qui veut bien faire ce travail ô combien délicat.
Ainsi qu’une indéniable fibre commerciale qu’ils ont acquise l’un et l’autre au cours de leurs expériences passées dans le milieu maritime ou ailleurs.
« Il nous faut accompagner les prix, être lucides, attentifs, concentrés comme au volant d’une voiture et bien cerner la clientèle, reprend Nicolas. Et aussi être en analyse perpétuelle car il faut vendre assez cher pour le pêcheur et pas trop pour l’acheteur. C’est un équilibre à trouver. Et moi, je ne supporte pas de vendre pas cher ».
L’œil rivé en permanence sur les cotations des autres criées, Ludovic et Nicolas ont toujours une juste idée de la tendance du moment.
Les mareyeurs du grand ouest ainsi que des détaillants forment la quasi totalité de la clientèle des criées de Saint-Quay tout comme à celle d’Erquy .
« Nous travaillons en parfaite osmose avec Erquy, tient à souligner Gurvan Rolland, directeur de la criée quinocéenne après avoir longtemps travaillé à celle d’Erquy. Saint-Quay est la cinquième criée française alors qu’Erquy se classe quatrième. Il faut savoir que 50% des ventes bretonnes se font en Côtes d’Armor ».

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Quelques chiffres :
Les criées en Côtes d’Armor, ce sont : 25 personnes hors intérim à Erquy, 22 à Saint-Quay-Portrieux, 4 au centre administratif et 7 ayant une fonction support (RH, comptabilité, travaux…)
. En 2018, 22.057 tonnes de produits de la mer (coquillages, crustacés, céphalopodes, poissons ont été vendues sous les criées des Côtes d’Armor à un prix moyen de 2,74 euros le kg soit une valeur totale de 60. 363.475 euros.
. La pêche au large représente 89% des poissons et céphalopodes vendus.
. Le nombre de bateaux côtiers reste stable : 80 à St-Quay, 50 à Erquy, 2 au Dahouët, 20 à Loguivy-de-la-Mer, 4 à 5 à Paimpol, 23 à Pors-Even et 20 à saint-Cast-le-Guildo.
. En moyenne, 9 navires hauturiers vendent chaque semaine à la criée de St-Quay-Portrieux et 12 à Erquy.
. 135 établissements de mareyage sont inscrits sous les criées des Côtes d’Armor.
. Le montant des investissements réalisés ou en cours s’élevait à 1.500.000 euros pour l’année 2018.
(Sources CCI des Côtes d’Armor)