Un métier, une passion Samy et Samuel, marins pêcheurs

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Sur l'Alcyon, côtier de 10,80 mètres et 250 chevaux, Samy Dumont et Samuel Constantin pêchent essentiellement des soles, des turbots, des merlans, des encornets, des sèches et, bien sûr, des coquilles Saint-Jacques, produits phare de la baie.

On le sait tous, le métier de marin pêcheur est exigeant. Rude, physique voire dangereux, ce travail s’adresse d’abord à des gens motivés, à des gens passionnés. Samy Dumont et Samuel Constantin, respectivement pilote et matelot sur l’Alcyon, sont de ceux-là. Et comment !

Rien ne prédestinait vraiment Samuel Constantin à devenir marin pêcheur. Ni son milieu familial, ni ses études. Pourtant sa passion pour le milieu de la mer vient de loin.
« J’ai toujours aimé l’ambiance maritime, même quand j’étais plus jeune, » lâche celui qui, d’ordinaire, est plutôt timide, voire taiseux. Et aujourd’hui malgré les aléas du métier (un grave accident), il ne regrette absolument pas son choix d’il y a plus d’une dizaine d’années.
« Pour rien au monde je ne changerais de boulot, y’ a pas photo, » indique le trentenaire qui a auparavent travaillé dans le bâtiment.
Un véritable sentiment de liberté, une bonne ambiance sur le bateau, la pêche dans son ensemble, tout cela contribue aux plaisirs que Samuel prend à faire son « taf » à bord de l’Alcyon, côtier basé à Saint-Quay-Portrieux.
« Sur le bateau, il n’y a pas spécialement de patron, glisse celui qui fait équipe avec Samy Dumont. Bien sûr, c’est lui qui pilote et qui choisit nos coins de pêche. Mais ce n’est pas comme si on était dans un bureau ».
Samy ne dit pas autre chose. « Il faut bien s’entendre pour travailler ensemble sur un si petit espace. De toute façon, si ça ne marche pas, les gars ne restent pas ». Les journées sont longues à bord, de 14h à 6h du matin (« on pêche mieux la nuit ») et souvent harassantes. Du dimanche au vendredi (la matinée du vendredi étant dédiée au nettoyage du matériel et du bateau et se termine aux alentours de midi). Le plus souvent, ils naviguent à deux à bord, parfois à trois avec leur boss Thierry Mahier. « Tout est une question de rentabilité, glisse Samy. Et avec le prix du Gazole, les cours de la criée, la raréfaction des gisements, les réglementations de plus en plus tatillonnes, ce n’est plus aussi évident qu’avant ». Il y a des mois plus rentables que d’autres. « En juin, juillet, août, on travaille bien. En fin d’année aussi. Par contre février, mars et septembre ne sont pas terribles. En fait, c’est selon la demande ».
Toujours est-il qu’il y a toujours moyen de gagner correctement sa vie avec ce travail. « Mais au détriment de sa vie de famille, souligne Samy. On fait quand même 60 à 80 heures par semaine ». Pourtant, si le métier de marin pêcheur semble quelque peu compliqué, jamais Samuel et Samy n’envisageraient d’emprunter une autre voie.