Jean-Claude Wolf, rémouleur à Plélo JiCé : le guérisseur de lames

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Casquette grenat éternellement vissée sur la tête, Jean-Claude Wolf installe sa camionnette sur différents marchés alentour (voir son site internet) avec son banc de rémouleur et ses nombreux outils. Au rythme de 15 jours par mois.

On pensait le métier de rémouleur disparu à jamais. Mais voilà que des affûteurs* réapparaissent, timidement il est vrai, sur nos marchés, dans nos campagnes et nos villes au cri de « Rémouleur, rémouleur ! Repasse couteaux ! Repasse ciseaux ! »** Exemple avec le plélotain Jean-Claude Wolf, installé depuis peu.

Le parcours de Jean-Claude Wolf n’est pas banal. Il s’est en effet mis très très tard au métier de rémouleur. À 63/64 ans pour être tout à fait exact. Et, au tout départ, pour des raisons purement pragmatiques.
« J’ai été infirmier libéral plus de 25 ans à Plélo après avoir travaillé à l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris. J’étais également pompier volontaire et correspondant d’Ouest-France. J’ai souhaité prendre ma retraite à 62 ans, et là, quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai vu le montant de celle-ci. Un total à trois chiffres. » Il manquait en effet à Jean-Claude quelques trimestres pour des raisons administratives.
« J’ai passé un an à me morfondre. Mais quoi faire pour améliorer ma situation ? Je voulais trouver un boulot de gagne-petit. Et c’est à ce moment que ça a fait tilt ! Gagne-petit est le nom donné aux rémouleurs et je me suis dit que j’adorerai. » Ni une, ni deux, il s’inscrit à la seule école européenne d’affûtage et de rémoulage située à Beaumarchés dans le Gers. Là-bas, il se prend véritablement de passion pour ce travail méticuleux et précis. Et courant 2019, celui que beaucoup appellent JiCé est fin prêt. Pas aidé par les circonstances (Covid, confinement), il se fait néanmoins une clientèle de particuliers et de professionnels (restaurateurs, coiffeurs, paysagistes..). Petit à petit. « Les personnes qui viennent me voir sont celles qui sont persuadées que jeter est stupide. Qu’il vaut mieux réparer. »
Ainsi, couteaux, lames, ciseaux de coiffeurs, sécateurs, forets, cisailles, coupe choux retrouvent entre ses mains expertes un fil parfait. Et le guérisseur de lames peut aujourd’hui donner de la voix tout à son aise : « Tout ce qui coupe s’affûte ! » Mais ses collègues de marché lui ont, nous dit-on, interdit jusqu’à nouvel ordre l’usage de la cloche pourtant symbolique (mais fort bruyante) des rémouleur . Dommage.

*Affûter n’est pas tout à fait le mot juste: on doit plutôt dire repasser ou rebattre.
**« Rémouleur, rémouleur ! Repasse couteaux ! Repasse ciseaux ! Tout ce que je gagne avec ma meule, je le mange avec ma gueule ! »

Le métier de rémouleur est connu depuis le Moyen-Âge, mais a fortement décliné à partir des années 50 en raison, notamment, du faible coût à cette époque des ciseaux, couteaux, etc. qui ne justifiait plus un affûtage. Et, également, par l’apparition des couteaux en inox qui s’usaient bien moins vite.

Jean-Claude Wolf
Rémouleur à domicile
et sur les marchés (de 2 à 22 euros)
19, rue Gustave Gilbert
Plélo au 06 09 82 26 36
jcleremouleur@gmail.com
Facebook : remouleur le retour