Lin et Chanvre : un travail difficile et méticuleux

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Le métier à tisser du XIX siècle exposé au musée de Quintin vous permettra, entre autre, de découvrir et de comprendre le processus de transformation du lin, de la graine à la toile. La visite permet également d’essayer différents outils et vous replonge ainsi dans cette ambiance si particulière des tisserands qui ont fait la prospérité de la cité.
  1. Les semis, l’arrachage et l’égrenage : Les graines de lin sont semées au printemps sur des terres dites limoneuses de la côte nord de la Bretagne, celles du chanvre dans l’arrière-pays. L’arrachage se fait à la main pour préserver la longueur de la tige puis l’égrenage est réalisé à l’aide d’un peigne.
  2. Le rouissage : Il s’agit de la première transformation qui consiste à séparer les fibres du bois. Le lin est soit immergé dans des bassins ou étendu sur « le pré ». La pluie et la rosée permettent alors l’opération de rouissage.
  3. Le teillage, l’espadage et le peignage : les différentes phases de teillage ont pour but de séparer le bois des fibres. Les gerbes sont broyées à l’aide d’une braie. L’espadage permet ensuite d’assouplir la filasse et d’éliminer les morceaux de paille restants, le peignage finissant de gommer les impuretés et de séparer les fibres les plus courtes.
  4. Le filage : La filasse est filée, le plus souvent avec un rouet à grande roue. Un écheveau est constitué sur l’ourdissoir afin de faciliter le stockage. Le filage était plutôt un travail de femme.
  5. Le tissage : Le tisserand crée l’étoffe avec son métier à tisser en entrecroisant fils de trame et fils de chaîne. Ce travail se déroulait dans une atmosphère humide, car les fils devaient conserver leur souplesse.
  6. Le blanchiment : Il s’agit d’obtenir une toile de lin ou de chanvre la plus blanche possible. Chacun avait sa technique. La cendre de hêtre, sans tanin, était la plus couramment utilisée. Cette opération se déroulait dans des kanndi. Dans le Finistère, les fils de lin étaient blanchis une fois enroulés en écheveaux. Dans les Côtes-d’Armor, les toiles l’étaient dans des blandieries qui sont des grands bassins, genre de lavoirs maçonnés.

Glossaire :
Une crées : toile de lin du Léon.
Les olonnes ou boldavid : toiles de chanvre de Locronan.
Les bretagnes : toiles de lin des Côtes-d’Armor.
Les noyales : toiles de chanvre du pays de Rennes.
Les berlingues : étoffes confortables associant de la laine au lin ou au chanvre.
Un Kanndi : Maison buandière où le lin était blanchi en écheveaux.

Un Rouet : Machine à roue servant à filer le chanvre et le lin.
Un coin ou marque de bois : Enduit, il portait le chiffre de l’année en cours et le nom de la toile. Il était apposé sur chaque ballot pour certifier sa conformité et éviter toute fraude.