
À 71 ans passés, Kito continue encore et encore à créer. Il termine en ce moment une remarquable statue de Saint-Honoré* après avoir réalisé un Saint-Pierre « pour l’éternité. » Il poursuit ainsi inlassablement une formidable carrière qui lui vaut la reconnaissance du public et de ses pairs. Rencontre avec un géant de la sculpture.
La fermeture éclair est en quelque sorte sa signature. On la trouve sur un nombre considérable de ses créations. « C’est un peu le symbole du yin et du yang, du blanc et du noir. On peut en faire sortir ce que l’on veut », s’amuse l’artiste que l’on pourrait aisément qualifier de surréaliste. « J’ai horreur de représenter des choses qui existent déjà. » Il est pourtant difficile de définir son style qui reste, après toutes ces années, inclassable. « Il trouve sa pleine expression dans des œuvres monumentales comme dans des plus petites », disent de lui les spécialistes.
Autodidacte, Kito a commencé très, très tôt. « À cinq ans, je sculptais déjà sur de petits morceaux de bois avec un couteau. J’aimais ça. » C’était sa façon à lui de s’exprimer, de faire ressortir ses émotions. Il faut se rendre à l’évidence : Kito a un don. Étienne Martin, ami de la famille et sculpteur majeur du XXe, s’en aperçoit rapidement et l’encourage en lui offrant une trousse d’outils pour qu’il puisse travailler la pierre. Et surtout, il conseille à sa mère (déjà convaincue, semble-t-il) de le « laisser faire ce qu’il veut ! » Tout en sculptant soir et matin, le jeune Kito poursuit ses études, obtient le bac et se rend même aux Beaux-Arts de Brest. « Je n’y suis resté que quatre mois… » Partout où il passe, il laisse son empreinte avec des pièces de pierre et de bois qu’il aime tant associer : une fontaine à Kersa (il n’a pas quatorze ans), une autre à la biennale de Saint-Brieuc, etc, etc… Il vit ensuite une succession d’expériences qui lui permet de se confronter à de nouvelles techniques qui lui seront utiles tout au long de sa carrière.
Malgré un indéniable talent, les débuts sont quelque peu hésitants. « Tout n’a pas toujours été rose. Il faut dire que je ne faisais que ce qui me plaisait », confie-t-il.
C’est finalement une rencontre avec un marchand d’art genevois qui se révélera déterminante. À partir de ce moment, le succès frappe à sa porte avec une certaine insistance. Les commandes affluent et le salon du livre, belle reconnaissance, lui commande son trophée. « L’écrivain Paul Guimard m’a d’ailleurs acheté une œuvre à cette occasion », se souvient-il.
C’est ainsi que Kito est devenu, quelques décennies plus tard, cet homme aux plus de mille sculptures exposées dans le monde entier. Tout juste regrette-t-il aujourd’hui « de n’avoir plus de place dans mon esprit pour réfléchir à la création. »
- La statue de Saint-Honoré, patron des pâtissiers et des boulangers, a été commandée par la Biscuiterie Ménou de Plougonver. (Elle sera visible tout l’été à Plougonver avant de rejoindre la Vallée des Saints). Celle de Saint-Pierre (avec son bout et sa clé du paradis carré à la main) l’a été par Dalmard Marine de Paimpol.


À voir absolument : le parc de sculptures
5 chemin de la pointe de Bilfot à Plouézec
(Près du GR 34). Accès libre et gratuit



