Centre de soins de la Station LPO de l’Île-Grande : « Parce qu’ils le valent bien »

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Munie d'un diplôme de soigneuse en parc animalier, Élise Bidaud adore son métier : « C'est une chance de côtoyer ces espèces magnifiques, dit-elle. Ce travail, un peu comme celui d'aide-soignante, est dans la servitude, on ne compte pas notre temps. Mais ces animaux, qui passent parfois des centaines d’heures à la Station, le méritent bien ! »

Imaginé en 1984 afin de venir en aide aux oiseaux impactés par différentes marées noires, le centre de soins LPO* de l’Île-Grande poursuit depuis son inlassable travail d’accueil et d’aide aux animaux en difficulté. Rencontre avec Élise Bidaud, responsable de ce pôle à la station ornithologique.

Sans l’aide, ô combien précieuse et minutieuse, des services civiques et des bénévoles (plus d’une centaine avec les rapatrieurs et la dizaine d’assidus au centre), rien ne serait vraiment possible.

« Nous sommes de plus en plus sollicités, constate avec une certaine inquiétude la jeune soigneuse. Nous nous occupons en moyenne de plus de 1000 oiseaux et mammifères de petit gabarit par an (1219 en 2019; 1071 en 2021, NDLR). Et parmi ceux-ci, environ une centaine d’oiseaux mazoutés**. »
S’il était dans un premier temps spécialisé dans les soins aux oiseaux touchés par les marées noires, le centre aujourd’hui dirigé par Romain Morinière s’est diversifié et accueille de nombreuses espèces. Ainsi, goélands argentés, fous de Bassan, pigeons, guillemots de Troïl, macareux mais aussi de petits animaux de type hérisson sont acheminés vers le centre en grand nombre par les rapatrieurs.
« Nous ne savons pas, pour la majeure partie des cas, ce qui les amène ici : une collision, le ramassage des petits, la prédation d’un chat… La pollution -mazout, déchets, hameçon, fil de pêche- est aussi un facteur important. »
À peine arrivés sur place, ces « accidentés » sont pris en charge par Élise, sa collègue Fantine Girondel et toute leur équipe.
« Nous effectuons alors un diagnostic précis, et un suivi personnalisé est immédiatement mis en place. Et en fonction des symptômes, on fait tous le max pour qu’ils puissent retrouver leur milieu naturel, car ces animaux ne sont pas faits pour rester en captivité. »
Après les pesées, soins, nettoyages et nourrissages, plus ou moins longs, les oiseaux effectuent pour leur part un passage dans la volière afin de reprendre du poids.
Deux piscines, spécificité de la LPO de l’Île-Grande, permettent également de tester l’indispensable étanchéité du plumage. Mais seuls les plus costauds retrouveront l’air du large. Car, et c’est bien triste, le taux de survie reste encore faible.
« Mais lorsqu’un oiseau est relâché, nous éprouvons une énorme satisfaction, car nous nous battons beaucoup pour cela. Mais, il faut l’accepter, la mort fait partie du métier. »

  • * Ligue pour la Protection des Oiseaux.
    ** Il faut savoir que l’épave du Tanio, pourtant échoué depuis 42 ans au large de Roscoff, n’en finit pas de « recracher » sa cargaison d’hydrocarbure avec les dégâts environnementaux que cela engendre.

Station ornithologique LPO
de l’Île-Grande (Pleumeur-Bodou)

Centre de soins
Muséographie interactive (250 m2)
Réserve naturelle
Sortie nature-excursion en bateau vers la réserve des Sept-Îles
02 96 91 91 40
Le financement : 63 % privé (dons, mécénat, LPO France) et 37% public (subventions)